Maïtée Labrecque-Saganash

Joyeuse Halloween!

Joyeuse Halloween!

Je pourrais signer une autre chronique sur les raisons pour lesquelles il est insultant de se costumer en une version caricaturale de ma culture, mais je me suis rendu compte que beaucoup ne veulent pas comprendre ou s’amusent à provoquer les minorités culturelles. Parfois, on choisit ses combats. Je vais cependant mentionner qu’à Arviat, municipalité inuite, un membre de la communauté patrouille dans les rues avec une arme à feu pour protéger les enfants des nombreux ours polaires qui rôdent autour du village pendant qu’ils font la cueillette de bonbons. À toutes les municipalités qui ont remis l’Halloween au 1er novembre: prenez des notes!

J’ai toujours aimé l’Halloween et je suis toujours impressionnée par le génie créatif des enfants. On salue d’ailleurs le fils de Manal Drissi, qui s’est déguisé en mycologue. On salue aussi Marcus Jolly de Nemaska, qui s’est déguisé en bécosse.

Lorsque j’étais petite, je me déguisais pas mal tout le temps en princesse, parce que je rêvais donc ben d’être une princesse.

Je me souviens que ma tante Andrée, incroyable couturière, m’avait fait un magnifique costume de Blanche-Neige que j’ai porté pendant au moins trois jours, possiblement quatre, selon ma mère… Mon frère ne voulait plus prendre l’autobus avec moi parce qu’il avait honte.

La beauté de la chose, c’est que tout le monde riait de moi et je m’en foutais, parce qu’ils étaient probablement jaloux de mon costume anyways.

Il fut un temps où me pointer à l’école habillée en Blanche-Neige ne me faisait pas peur.

Une grande nostalgie m’habite quand je me remémore cette époque, parce que, aujourd’hui, je suis toujours habillée en noir pour essayer de ne pas trop ressortir du lot. Il fut une époque où je débarquais à l’école avec du rouge à lèvres bleu et trop de bijoux.

Quand même difficile à croire dans mon cas, parce qu’il y a probablement ma face à côté du mot «anxiété» dans le dictionnaire.

Je suis surtout reconnaissante envers ma mère, qui me laissait être excentrique et différente, parce que c’est ce qui me rendait heureuse.

J’ai donc un gros sourire aux lèvres en voyant tous ces parents travailler d’arrache-pied pour patenter un costume d’Halloween à leurs enfants, même si ceux-ci ont des plans ambitieux et loufoques, et de stimuler la créativité de leurs enfants. Je garde de très bons souvenirs de ma mère et de ma sœur, qui pouvaient passer des heures à nous maquiller et à nous costumer, même avec peu de sous. 

Je souhaite à tous une belle Halloween, malgré les vents violents qui sont finalement prévus pour aujourd’hui. Je ne m’éterniserai pas sur le #HalloweenGate, parce que le débat a l’air de diviser la province plus que le débat sur le racisme systémique.