Orientation et Cie
03:30 10 décembre 2019 | mise à jour le: 10 décembre 2019 à 09:17

J’ai peur de me tromper!

J’ai peur de me tromper!
Photo: Métro

Il me semble que chaque personne que j’ai rencontrée en consultation m’a au moins une fois parlé de sa peur de faire le «mauvais choix».

La peur de se tromper est bien présente chez les personnes qui souhaitent prendre une décision de carrière: choix de programme d’études ou de métier, changement d’emploi, réorientation, lancement d’entreprise, etc.

Chaque choix que nous devons faire dans la vie peut apporter son lot d’inconfort, nous paralyser et même nous empêcher d’agir. Nous pouvons alors nous retrouver dans une spirale, sans savoir comment en sortir. Je vous invite aujourd’hui à regarder d’un autre œil le choix lié à la vie professionnelle. 

Histoire

Prenons l’histoire de François (prénom fictif). Cuisinier de formation (diplôme d’études professionnelles [DEP] en cuisine), il décide de quitter le domaine de la restauration après y avoir travaillé 12 ans, en raison des horaires difficiles et de la rémunération insuffisante. Il ne sait pas quoi faire, mais il souhaite obtenir un meilleur salaire, dans un domaine présentant de bonnes perspectives d’emploi. Ses recherches le mènent au secteur des transports. Il n’y avait jamais pensé, mais pourquoi pas? Il termine donc un DEP en transport par camion, puis trouve rapidement un contrat très lucratif comme propriétaire exploitant (broker). Son nouveau travail implique un horaire de nuit. C’est bien, car il est plutôt solitaire, et ça lui permet d’éviter les bouchons de circulation aux heures de pointe. 

Toutefois, après quelques années, il n’aime plus son travail et aspire à autre chose: revenir à sa vraie passion, la cuisine, cette fois à son compte. Il en a rêvé plusieurs années avant de faire le saut. Les idées ne manquaient pas, mais la peur l’emportait sur le rêve d’une meilleure vie professionnelle. À l’âge de 50 ans, les astres se sont alignés pour lui faire comprendre qu’un changement s’imposait afin de préserver sa santé mentale et physique. Rien d’alarmant, mais «la lumière était jaune foncé, presque rouge».

L’indécision n’existe pas seulement dans la sphère de l’orientation et du développement de carrière.

Affronter le problème

Oui, il faut du courage pour faire des changements. Si cette histoire vous rejoint, vous ressentez probablement cette ambivalence entre la possibilité de bouger et le fait de rester dans le confort du connu. Vous avez peut-être l’impression d’être dans des sables mouvants et de vous débattre pour vous en sortir. Et si la solution consistait à cesser de vous débattre et à rester calme? 

Devant l’inconfort d’une situation, il est humain de vouloir fuir. Je vous suggère plutôt de prendre du recul pour observer les pensées et les émotions qui vous habitent. En les acceptant, sans vous juger, vous comprendrez mieux leur emprise. On dit que ce qu’on fuit nous suit. Si vous agissez pour fuir quelque chose plutôt que d’agir en fonction de ce qui est important pour vous, votre objectif ne pourra que s’éloigner. Je ne parle pas ici de tomber dans le piège de la recherche du bonheur à tout prix, mais plutôt de s’approcher de soi tout en tenant compte de la réalité. Je vous invite à vous placer au centre de votre réflexion. Plus facile à dire qu’à faire, me direz-vous. 

Être accompagné dans cette réflexion est un excellent moyen de prendre de la distance. N’hésitez pas à en parler à un proche ou à un conseiller d’orientation. La peur ne disparaît jamais complètement, mais vous pourrez difficilement l’apaiser en vous appuyant sur des solutions extérieures. Par contre, elle finira par s’atténuer si vous avez le sentiment d’être en harmonie avec vous-même. Et c’est ce qui donne le courage d’avancer vers notre but, peu importe la nature de ce dernier.


Josée Landry, c.o., est présidente de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec.

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