Les emplois aux plus fortes augmentations de salaire depuis la pandémie
L’Institut de la statistique du Québec a publié récemment son Enquête sur la rémunération globale au Québec pour 2025. On en a profité pour se poser la question: qui a profité de la reprise post-pandémique et qui en a pâti? Quels types d’emplois ont vu les augmentations de salaire les plus fortes entre 2020 et 2025?
Les chiffres ci-dessous représentent seulement le salaire. Ils ne tiennent pas compte de certains avantages à la charge de l’employeur, comme des cotisations à un régime de retraite ou à une police d’assurances collectives.
Gardez en tête que le coût de la vie a augmenté d’environ 21% entre 2020 et 2025. Donc toute augmentation qui se situe en-dessous de ce seuil constitue en réalité une diminution de salaire.
21 grands gagnants
La croissance des salaires dans les secteurs suivants a devancé celle des universitaires et des hauts dirigeants. Voici les postes qui, au Québec, ont enregistré des hausses d’au moins 30%.
Fait à noter: la majorité de ces postes nécessitent une formation professionnelle ou technique plutôt qu’un diplôme universitaire.
- Technologues et techniciens en géologie et en minéralogie: 110 756$ (+59,0%)
- Opérateurs de machines (produits chimiques, caoutchouc et plastique): 72 517$ (+57,9%)
- Manœuvres des mines: 91 374$ (+52,6%)
- Opérateurs de machines (pâtes et papiers, transformation du bois): 72 897$ (+52,5%)
- Mécaniciens de motocyclettes et de véhicules tout-terrain: 76 883$ (+46,0%)
- Personnel technique des sciences physiques: 90 552$ (+43,3%)
- Manœuvres à la récolte, en aménagement paysager et ressources naturelles: 77 028$ (+42,9%)
- Technologues et techniciens en biologie: 70 883$ (+40,6%)
- Autre personnel des métiers: 73 610$ (+37,5%)
- Électromécaniciens: 79 667$ (+36,6%)
- Électriciens (sauf secteurs industriel et de réseaux): 81 077$ (+36,1%)
- Autres mécaniciens et réparateurs connexes: 78 041$ (+35,2%)
- Correspondanciers et commis aux publications: 57 141$ (+34,5%)
- Athlètes, entraîneurs, arbitres et personnel des sports et loisirs: 63 032$ (+34,2%)
- Électriciens industriels: 88 187$ (+33,2%)
- Personnel de soutien des services de santé: 53 319$ (+31,4%)
- Mécaniciens de chantier et mécaniciens industriels: 89 274$ (+31,3%)
- Commis aux achats et au contrôle de l’inventaire: 59 619$ (+30,8%)
- Cuisiniers: 59 015$ (+30,6%)
- Photographes, graphistes et personnel technique du cinéma et de la scène: 81 128$ (+30,6%)
- Personnel technique des sciences de la vie: 74 805$ (+30,1%)
Les salaires des cadres sous l’inflation
Du côté des cadres, les salaires sont plus généreux, mais la croissance a été plutôt frugale. Pris ensemble, les emplois dans des postes de direction affichent des augmentations de salaire de 15%.
Les cadres du domaine de la finance, de l’éducation, de certains types d’art (comme l’édition ou le cinéma) ont vu des augmentations de salaires entre 21,1% et 25,9%. Les 35 autres postes de cadre évalués par l’ISQ ont tous vu des augmentations sous le seuil de l’inflation.
La quasi-totalité de ces professionnels affichent désormais une rémunération qui dépasse les 110 000$. Les cadres qui œuvrent dans le service à la clientèle (restauration, hébergement, commerce de détail, etc.) font exception à la règle: leur salaire moyen s’établit plutôt entre 70 690$ et 91 288$ par an, selon le poste.
Les diplômés universitaires aussi
Parmi les diplômés universitaires, les mathématiciens, statisticiens et actuaires ont enregistré une hausse de salaire enviable de 29,2% franchissant ainsi le cap de 107 559$ par année, tandis que les avocats et notaires affichent désormais un revenu de 145 917$ ce qui se traduit par une progression de 25,6%.
L’augmentation moyenne pour les diplômés est toutefois de seulement 16,5%.
N’empêche, les revenus moyens des postes liés aux études secondaires révèlent que l’éducation supérieure est encore un bon pari. Tous les salaires moyens de cette catégorie dépassent 65 000$ par année et la moyenne de 100 399$ dépasse d’au moins 25% les moyennes des emplois nécessitant un diplôme collégial ou moins.
Diplôme collégial: les travailleurs de l’énergie mènent le bal
Pour les plus fortes augmentations salariales, c’est vers le secteur de l’énergie qu’il faut se tourner. Les diplômés du collégial occupant des postes d’entrepreneurs ou de surveillants dans l’exploitation des mines, du pétrole et du gaz conservent leur titre de travailleurs les mieux rémunérés au cours des cinq dernières années. C’est dans ce créneau que l’on trouve les technologues, techniciens et mécaniciens ayant enregistré les plus fortes progressions.
C’est la catégorie qui dominait les hausses de salaire fulgurantes d’entre 30% et 59%. Toutefois, 89% des salaires moyens des diplômés dépassent 60 000$ par année. Le salaire annuel moyen est de 73 494$, une augmentation d’environ 17,2% par rapport à 2020.
Les diplômés du secondaire stagnent
Du côté des diplômés du secondaire, comme groupe ils s’en tirent presque kif-kif. En moyenne, les salaires ont augmenté de 19,7%, soit un peu moins que l’inflation.
D’un côté, la croissance profite pleinement à certains secteurs industriels. C’est notamment le cas des opérateurs, qui enregistrent des hausses salariales de plus de 50% pour certains postes.
Toutefois, ces fortes hausses ne se traduisent pas nécessairement en salaires élevés dans l’absolu. Malgré une hausse de presque 75% depuis 2020, les opérateurs et opératrices de machines dans la transformation et la confection de produits textiles gagnent en moyenne 54 402$.
Dans l’ensemble, les travailleurs occupant un poste nécessitant un diplôme secondaire gagnent en moyenne 56 770$ par année.
Les formations en cours d’emploi: fortes hausses pour les manoeuvres
Les emplois exigeant seulement une formation en cours d’emploi, dans leur ensemble, ont affiché des augmentations de salaire largement en-deçà de l’inflation. Les salaires n’ont progressé que de 16% depuis 2020. Mais certains types de postes affichent parfois des augmentations nettement plus robustes. Ainsi, les manœuvres dans les mines ou à la récolte se hissent au sommet du palmarès des hausses avec une progression de plus de 52,6% et 42,9% respectivement.
Les emplois sans formation préalable demeurent toutefois, en général, des emplois moins bien rémunérés. Mis à part les mines et l’aménagement, aucun type de poste n’affiche un salaire moyen dépassant 70 000$.
En rappel: certaines formations accélérées valent tout de même la peine!
Les grands perdants: ces métiers où le salaire moyen a reculé
Au cours de la période 2020-2025, la croissance n’a pas été au rendez-vous pour tout le monde. Qu’ils exigent un diplôme collégial, un diplôme secondaire ou une simple formation en cours d’emploi, plusieurs professions ont perdu du terrain en chiffres absolus, avant même de tenir compte de l’inflation. Voici les métiers qui ont vu leur leur pouvoir d’achat s’effriter de façon importante au cours de ces cinq années.
- Manœuvres dans le transport ferroviaire et routier: -26,6%
- Opérateurs de poste central de contrôle (transformation et fabrication): -26,0%
- Agents de statistiques et soutien à la recherche: -11,1%
- Autre personnel de soutien en service: -8,7%
- Autres conducteurs de matériel de transport et personnel d’entretien: -8,4%