Perspective
09:37 2 octobre 2020 | mise à jour le: 2 octobre 2020 à 09:38 temps de lecture: 5 minutes

La monogamie est-elle pour tous?

La monogamie est-elle pour tous?
Photo: Igor Golubov/123RFLes relations ouvertes restent stigmatisées par la société.

La relation de Brad Pitt et de sa petite amie a surpris des milliers de personnes dans le monde, mais des études montrent que le polyamour n’est pas aussi pernicieux que ce que l’on pense.

À chaque fois que les actualités annoncent qu’une célébrité est dans une relation de plus de deux personnes pleinement consentantes, c’est le scandale. C’est ce qui s’est passé avec Brad Pitt et Nicole Poturalski, mariée et deux enfants. La polygamie reste choquante pour une société occidentale où le modèle de la monogamie a triomphé et où le polyamour est vu comme un vecteur de relations toxiques, inégales et où l’engagement est optionnel. Mais pourquoi?

«La question d’avoir un seul partenaire a toujours été admise et régulée. La monogamie est une construction socioéconomique que l’on a très bien intégré pour protéger notre héritage, notre santé et notre économie. L’amour monogame a triomphé dans notre culture, mais cela ne signifie pas que le polyamour, ou d’autres formats de couples, ne sont pas valides. Il y a des gens qui, après une monogamie stricte, pensent à un modèle un peu plus libérateur à explorer. Et il y a aussi des sociétés qui ne sont pas historiquement monogames. Avec les nouvelles générations, les polyamoureux sont plus visibles, les étiquettes sont tombées pour plus d’égalité», explique María Pasión, une spécialiste du couple établie à Madrid.

Préjugés sociaux

En 2018, l’Université de Guelph s’est entretenue avec plus de 140 personnes pratiquant le polyamour et 200 autres engagées une relation monogame. Cette étude montre que pour certaines personnes, ce premier modèle de relation était aussi bénéfique et satisfaisante que pour les monogames. Toutefois, ils avancent que la société stigmatise les relations ouvertes.

Bien que ces préjugés dans certaines sociétés semblent s’estomper, Elizabeth Sheff, autrice de The Polyamorists Next Door, mentionne toutefois comment ces types de relations dans certains États sont devenus valides. Elle note, au fil de 20 années d’études sur les familles polyamoureuses, que cette forme de couple est face à une stigmatisation, selon laquelle ces relations sont mauvaises et destructrices pour les enfants.

«Ces familles sont aussi aimantes. Et bien qu’elles ne soient pas parfaites, comme tout autre modèle, elles ne devraient pas avoir un quelconque désavantage dans la société», mentionne-t-elle. C’est, bien sûr, dans les relations où les règles sont établies et où les niveaux de jalousie et d’insécurité de chacun sont définis dès le début.

«Si les deux sont heureux, [les relations ouvertes ou le polyamour] ça peut être satisfaisant.» – Philip Blumstein et Pepper Schwartz auteurs de American Couples : Money, Work, Sex

«L’important est que si vous décidez de faire quelque chose, pensez aux conséquences que cela peut entraîner pour votre partenaire et pour ceux qui vous entourent», souligne Pablo Monsalve, sexologue, conférencier et maître en psychologie clinique.

Car tout peut s’effondrer si les gens ne savent pas comment gérer leur relation. Dès les années 1980, Philip Blumstein et Pepper Schwartz ont montré, en se basant sur des témoignages, les dommages que pouvait entraîner le polyamour dans leur livre American Couples  : Money, Work, Sex. Selon eux, si pour certaines personnes le modèle du polyamour ou du mariage ouvert offre de nouvelles façons d’aimer, pour d’autres couples, cela peut détruire tout ce qu’ils ont en commun. «Pour que ça marche, il faut avoir un consensus. Ça ne sert à rien d’aller ouvrir des pratiques où l’un est plus d’accord que l’autre. C’est à ce moment-là qu’on peut échouer», préviennent-ils.

Maria Pasión, Spécialiste du couple, Madrid

La monogamie est-elle surfaite?

Peut-être que oui, car toutes les personnes que vous connaissez et rencontrez sont définies comme étant monogames à 90%. Nous avons appris la monogamie, et il y a beaucoup de gens qui le font à cause d’exigences sociales ou d’autres facteurs. Maintenant, s’il y a des gens qui décident de ne pas être monogames, il y en a d’autres qui se trompent en disant qu’ils seront monogames toute leur vie. Un infidèle de toujours n’est pas monogame : c’est un monogame qui se repent de l’être. Le système lui dit qu’il doit être marié et doit être avec une seule personne et cherche d’autres solutions pour y remédier. Et ce n’est ni bon ni mauvais, il en est simplement ainsi.

Quels sont les avantages et les inconvénients?

Parmi les avantages que trouve un couple, citons la liberté, l’ouverture d’esprit, physique et émotionnelle. Ils gagnent en satisfaction en repoussant leurs limites et vivent des expériences satisfaisantes. Il est important de définir ce qui vous intéresse.
Maintenant, c’est difficile si l’une des parties n’est pas heureuse. Comme tout dans la vie, si vous gérez bien la première expérience, cela peut être enrichissant. Sinon, cela peut être un désastre sur le plan de la confiance en soi et des émotions. Il vaut mieux planifier à l’avance. Cette expérience sera nouvelle pour les deux corps, et la satisfaction ou le désenchantement suivra l’expérience. Il est important, dans tous les cas, d’en parler.

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