Santé
05:00 12 janvier 2021 | mise à jour le: 12 janvier 2021 à 16:59 temps de lecture: 3 minutes

Un antidépresseur pourrait-il ralentir la progression de la COVID-19?

Un antidépresseur pourrait-il ralentir la progression de la COVID-19?
Photo: Josie Desmarais / Métro Média

Est-ce que la fluvoxamine, un antidépresseur courant, est efficace pour ralentir la progression des symptômes de la COVID-19? C’est sur cette question que se pencheront des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

En effet, les docteurs Todd Lee et Emily McDonald lancent le volet canadien de l’essai clinique STOP COVID2 présentement en cours aux États-Unis.

Cet essai clinique sur la fluvoxamine fait suite à l’essai STOP COVID dont les résultats publiés en novembre 2020 dans le Journal of the American Medical Association ont montré que le médicament était associé à une réduction de la détérioration clinique de personnes atteintes de COVID-19.

La fluvoxamine est un médicament peu coûteux et approuvé par Santé Canada qui traite la dépression et le trouble obsessionnel-compulsif.

La réassignation de médicaments permet de tester de nouveaux traitements plus rapidement que la mise au point de nouveaux médicaments, indique Dr Todd Lee. Compte tenu des résultats prometteurs de l’essai clinique précédent, il a bon espoir que la fluvoxamine puisse prévenir l’hospitalisation et réduire la pression sur le système de santé.

Résultats prometteurs contre la COVID-19

Lors du premier essai, aucun des 80 patients affectés au groupe fluvoxamine et 6 des 72 patients affectés au groupe placebo ont subi une détérioration clinique, explique Dre Emily McDonald. «C’est une différence statistiquement significative», ajoute-t-elle.

Cependant, l’étude est limitée par une petite taille d’échantillon, ainsi qu’une courte durée de suivi. La détermination de l’efficacité clinique nécessiterait des essais randomisés plus importants avec des mesures de résultats plus définitives.

«Nous espérons maintenant corroborer ces résultats auprès d’un plus large échantillon», précise Dre McDonald.

Il reste donc à déterminer si la fluvoxamine réduit le risque de développer un essoufflement grave, de nécessiter de l’oxygène, et d’être hospitalisé en raison de la COVID-19. Les chercheurs vérifieront aussi si elle diminue les symptômes persistants de la COVID-19.

Deuxième essai clinique

Le deuxième essai clinique est ouvert aux adultes non-hospitalisés ayant reçu un résultat de test positif pour le SRAS-CoV-2.

Ceux-ci doivent aussi présenter des symptômes de la COVID-19 depuis un maximum de 6 jours et avoir un facteur de risque de détérioration clinique lié soit à leur âge (40 ans ou plus), à leur race ou groupe ethnique (afro-canadiens, hispaniques ou indigènes) ou à une condition médicale (comme l’asthme, l’hypertension artérielle, le surpoids ou le diabète).

Il existe également un certain nombre d’exclusions visant à assurer l’utilisation sécuritaire de la fluvoxamine. Pour l’instant, l’étude est ouverte à tous les résidents du Québec. Toutefois, l’équipe de recherche travaille à la rendre disponible partout au pays.

Lors de l’essai clinique, les participants recevront à domicile un dosage de fluvoxamine (ou un placebo), un thermomètre et un appareil de mesure de la saturation en oxygène. Ils devront prendre la médication reçue, mesurer leur température et leur niveau d’oxygène, et remplir un bref questionnaire en ligne, deux fois par jour pendant 15 jours. Enfin, ils répondront à un sondage final au 90e jour.

L’inscription à l’étude se fait sans contact, sur le site stopcovid2.idtrials.com.

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