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Taxis roses à travers le monde: Par et pour les femmes

Les taxis roses, ces voitures de transport conduites par et pour des femmes, ne cessent de gagner en popularité à travers la planète. Depuis leur apparition à Londres il y a cinq ans, ils ont fait des petits à Dubaï, Puebla, Beyrouth, au Caire… mais ne les espérez pas à Montréal.

À Londres : deux mères partent le bal
Un jour de 2005, deux mères de famille britanniques ont décidé que leurs adolescentes seraient dorénavant en sécurité dans les taxis. C’est à elles que l’on doit les premiers Pink Cabs. Il faut dire que dans la métropole anglaise, une dizaine de femmes sont agressées mensuellement par des pseudo-chauffeurs. Depuis, les mythiques taxis noirs «british» aux allures rétro ont de la concurrence : celle des petites Renault Kangoo peintes en rose éclatant avec, à leur bord, que des femmes.

Puebla : Taxis Rosas
Avec ses 1,5 million d’habitants, Puebla est la 4e ville en importance au Mexique. À quelques kilomètres de là, dans la capitale, Mexico, on enregistrait en 2008 87 viols de femmes commis par des chauffeurs de taxi. Et ça, ce sont uniquement les viols déclarés. Les Taxis Rosas ont donc fait leur apparition il y a près de deux ans à Puebla. Ils sont munis d’un système de navigation, d’un bouton d’a­ler­te sous le volant qui communique directement avec la police et d’un terminal bancaire. Avec moins de dineros à bord, on réduit les risques d’agression pour vol. Ces Taxis Rosas connaissent un succès retentissant, même s’ils chargent 10 % plus cher qu’une course classique. Non seulement les clientes s’y sentent en sécurité, mais elles aiment ne plus être exposées au harcèlement sexuel des chauffeurs masculins.

Au Moyen-Orient : malgré les critiques…
C’est au Moyen-Orient que les Pink Taxis font plus de petits qu’ailleurs : au Caire, à Téhéran… Même Beyrouth, la capitale du Liban, a depuis un an ses Taxis Banat (taxis pour femmes). Au départ, la directrice de ce dernier service, Nawal Yaghi Fakhri, a cru qu’il lui serait difficile de recruter des employées. Après tout, peu de femmes conduisent au Liban. Surprise : les demandes ont afflué! Une belle façon de créer de l’emploi. Dans un pays où la principale religion limite beaucoup les femmes, les critiques ont évidemment afflué. Mme Fakhri a dû défendre son entreprise dans Le Monde : «Des taxis roses, il devrait y en avoir dans le monde entier!» s’est-elle indignée.

Nanous sur quatre roues… et plus encore
Dans le monde entier? Pas encore, mais l’idée fait son chemin. À Moscou, les taxis roses se transforment, lorsque nécessaire, en «auto-nanous» afin de ramener les petits de l’école. Besoin de faire livrer des fleurs ou des médicaments? Pas de problème, les taxis roses sont là. À Mumbai et New Delhi, en Inde, les taxis For-She ne sont peut-être pas roses (ils sont argent et blancs), mais ils disposent de grands miroirs, ainsi que de trousses à manucure, question que ces dames joignent l’utile à l’agréable. À grands coups de stéréotypes? Peut-être… Mais les femmes adorent.

Et Montréal?
Mais alors, à quand des taxis roses dans la métropole montréalaise? N’y comptez pas. D’abord, le Québec n’a rien à voir avec le Mexique où six femmes sont assassinées à l’heure. À Montréal, les femmes se sentent souvent plus en sécurité dans une voiture-taxi… que le chauffeur lui-même. Les manchettes rapportent plutôt des agressions envers les chauffeurs; l’an dernier, c’est même par une femme qu’un chauffeur de taxi a été poignardé. Surtout, la réglementation en place dans la Belle Province interdit actuellement toute implantation de taxis destinés exclusivement aux femmes. En effet, la loi québécoise est claire : un chauffeur ne peut refuser un client. Un taxi rose montréalais ne pourrait donc pas refuser d’em­barquer un client
masculin.

On critique, mais…

À Puebla, les Taxis Rosas ont soulevé des désaccords. Pour cer­tains, l’initiative renforce l’idée que la femme est vulnérable et qu’elle a besoin de protection, alors que d’autres désapprou­vent ce qu’ils jugent discriminatoires, à une époque où les femmes elles-mêmes luttent pour l’égalité des sexes. Beaucoup d’hom­mes avouent cepen­dant qu’ils aiment bien savoir leur con­jointe, leur sÅ“ur ou leur mère en sécurité dans un Taxi Rosa.

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