Le Ford Flex, un charmant extraterrestre!
Ça fait un bon moment que je n’avais pas conduit un véhicule qui attire autant les regards. Au passage du Ford Flex, à peu près toutes les têtes se sont tournées, un grand sourire aux lèvres. C’est indéniable : le constructeur américain a entre les mains ce qui pourrait bien être un success-story.
Style carré et radical, rainures sur les flancs, toit qui arbore une teinte différente du reste de la carrosserie, vitres teintées qui font un brin menaçant… Ce Flex provoque. Et c’est bien tant mieux dans un paysage automobile où les utilitaires finissent tous par se ressembler.
Parce qu’il n’est pas trop haut sur patte, le Flex permet d’y entrer et d’en sortir facilement. Et parce qu’il est long, très long (pensez trois mètres), il peut accueillir jusqu’à sept passagers ou du chargement équivalent à ce que pourrait contenir le Ford Explorer.
Long comme ça, et avec un rayon de braquage plutôt large, c’est un handicap pour se stationner. Heureusement, le sonar de recul est de série. Ça fait donc «bip» avant de faire «boum».
Surtout, toute cette longueur profite aux occupants de la deuxième rangée : avec 10 cm de plus d’espace aux jambes que pour les passagers avant, il y a de quoi se sentir presque en limousine! En troisième rangée, les pieds ont peut-être de la difficulté à se caser, mais les genoux et la tête bénéficient d’un bon dégagement et deux adultes peuvent y prendre confortablement.
Tout le côté pratique
Le Flex a tout le côté pratique auquel on peut s’attendre de ce type de véhicule, avec notamment des banquettes qui se replient facilement et de nombreux rangements, marque de commerce s’il en est une de Ford. Aussi, la finition mérite une bonne note, avec des matériaux bien choisis et, heureusement, pas beaucoup de ce plastique rêche qui nous fait grincer des dents.
Le cuir des sièges (en option) est d’une luxueuse souplesse et le design de la planche de bord montre, encore une fois que Ford l’a l’affaire côté habitacle. Les sièges sont larges et confortables. Tout au plus peut-on reprocher un volant non télescopique et une insonorisation moyenne – mais c’est un inévitable effet de résonance attribuable à la silhouette en forme de long cigare.
Loin d’être une voiture de course
Côté conduite, le Flex ne tire évidemment pas son inspiration des voitures de course. Long, lourd aussi, il mise sur une suspension plus confortable que sportive. Ça se sent dans les virages serrés – où mieux vaut faire preuve de prudence – ainsi qu’en freinage, où le nez a tendance à plonger. La direction, plus légère qu’intense, manque aussi de précision en son centre.
Son V6 de 3,5 L s’ébroue moins dynamiquement que pour le cousin Ford Edge. Et pour cause : le Flex fait osciller la balance d’environ 250 kg supplémentaires. Les 262 chevaux sont donc limites, surtout pour les versions à traction intégrale et ce, même s’il ne se trouve qu’un seul occupant à bord. Une boîte séquentielle aurait permis de mieux redistribuer la puissance (et peut-être de réduire une consommation en carburant), mais Ford n’a pas encore doté sa boîte automatique six rapports de passages manuels. Un jour, peut-être…?
Cela dit, le Flex est une solution de rechange rieuse et fort intéressante à la traditionnelle «minivan». En version ultra de luxe, le véhicule offre des équipements qui ne sont pas piqués des vers : hayon électrique, toit panoramique à multiples panneaux, pédales réglables, phares au xénon, système de communication Sync, sièges chauffants en deuxième rangée, voire une console réfrigérée. Mais il faut débourser plus de 40 000 $.
En variante de base, le Flex débute à 34 999 $, avec un bon niveau d’équipements: sièges chauffants, climatisation automatique bi-zone et radio satellite, entre autres.
Voilà qui le place côte à côte avec la concurrence, si l’on prend soin de comparer des pommes avec des pommes. Quoique… difficile de comparer à des pommes quelque chose qui ressemble plutôt à un extraterrestre. Un extraterrestre au demeurant fort charmant!