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«Laisse-moi suivre ton téléphone, je te dirai qui tu es»

Les gens se déplacent peu, et ce, la plupart
du temps aux mêmes endroits: en suivant à la trace 100 000 personnes
grâce à leur téléphone cellulaire, une nouvelle étude parue dans Nature
lève le voile sur les déplacements des individus.

L’étude,
publiée dans le prestigieux journal scientifique britannique Nature,
révèle que l’homme est une créature d’habitudes, qui ne visite
régulièrement que les mêmes quelques lieux comme la maison et le
travail, et qui ne se déplace généralement que d’entre cinq et dix
kilomètres par jour, sauf lors d’occasions spéciales comme pendant ses
vacances.

L’étude de Marta González, César A. Hidalgo
et Albert-László Barabási, de la Northeastern University à Boston,
révèle peut-être des choses dont plusieurs se doutaient déjà, mais des
contraintes techniques rendaient jusqu’à récemment ce genre de
recherches presque impossible à réaliser.

«En dépit de leur importance en urbanisme,
dans les prévisions du trafic et dans la propagation des virus, notre
compréhension des principes de bases gouvernant les mouvements humains
est très limitée, principalement à cause d’un manque d’outil pour
suivre les individus», affirment les chercheurs dans leur article.
L’omniprésence du téléphone cellulaire a donc finalement permis
d’approfondir ce champ de recherche.

Pour permettre aux chercheurs de compléter
leur étude, une compagnie de téléphonie cellulaire (non identifiée pour
préserver l’anonymat des participants) a donc fourni pendant six mois
des informations sur les déplacements de 100 000 utilisateurs choisis
au hasard. Dès qu’un participant envoyait ou recevait un appel ou un
message texte, l’emplacement de la tour cellulaire la plus proche était
enregistré.

Selon les chercheurs, ces données pourraient
être utiles pour prévoir comment les virus vont se propager dans la
population, aider les urbanistes et faciliter le travail de ceux qui
prévoient le trafic.

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