Non, Pégida Québec, la CIA n’enquête pas sur des liens entre Trudeau et État islamique
Le groupe antimusulman Pégida Québec n’aime vraiment pas le nouveau premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Depuis que celui-ci a promis d’accueillir des réfugiés syriens, ce groupe, avec une orthographe qu’on pourrait qualifier de créative, tente coup après coup d’établir des liens entre M. Trudeau et des groupes islamistes extrémistes.
Et, coup après coup, l’inspecteur viral (alias celui qui parle de lui à la troisième personne!) est là pour démonter ces sottises. Non parce qu’il a un parti pris pour M. Trudeau, mais parce qu’il a un parti pris contre la désinformation sur le web, son ennemi juré.
Un lecteur de l’inspecteur viral lui a envoyé ce petit bijou, que Pégida a publié sur sa page Facebook samedi:
Dans l’article cité, on nous apprend que trois (3!) comités du Congrès américain ont lancé une enquête sur les agissements du premier ministre canadien, alléguant que celui-ci «a délibérément manipulé les rapports de renseignement de la Syrie et de l’Irak, permettant au groupe État islamique de prospérer», nous explique-t-on. (Aucune mention de la CIA, par contre.)
L’article cite le Washington Examiner, un vrai de vrai journal.
Ouatte de phoque!
Sauf que…
Le Washington Examiner n’a jamais publié d’article sur cette supposée enquête sur M. Trudeau.
En fait, l’enquête existe vraiment, mais elle porte plutôt sur des officiers de la CENTCOM américaine (une agence du département de la Défense des États-Unis qui gère toutes les troupes américaines déployées au Moyen-Orient), qui auraient trafiqué des documents pour embellir les résultats de l’intervention de l’armée contre le groupe État islamique.
Si c’est vrai, c’est scandaleux, mais ça n’a rien à voir avec Justin, c’est une chicane de famille américaine.
Les petits comiques au sud de la frontière n’ont pas tardé à se prêter au même jeu que Pégida Québec. Voici un article identique (mot pour mot!) à celui que nous examinons aujourd’hui, mais qui accuse le président américain, Barack Obama, d’être sous enquête, et non Justin Trudeau.

À gauche: l’article américain. À droite: l’article canadien. À gauche et à droite: du gros n’importe quoi!
Comme quoi, les nonos de tout acabit se ressemblent!