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Boxe: des femmes qui ont du punch

Kieron Monks - Metro World News

Oubliez la « boxe-exercice ». La boxe féminine gagne en sérieux à l’approche de ses débuts olympiques. Les Jeux ne manqueront pas d’offrir un tremplin à ce sport, mais cette nouvelle notoriété inspirera-t-elle les jeunes filles à monter dans le ring? Nous avons rencontré des femmes qui se battent pour que leur sport soit reconnu.

En 2012, les femmes seront représentées dans chaque discipline sportive pour la première fois de l’histoire des Jeux olympiques, la boxe féminine étant finalement inscrite au programme. Ce sport a cependant du mal à prendre son essor malgré le tournant décisif des années 1990.

Tout est mis en œuvre pour recruter une nouvelle génération de boxeuses. Dans un gym de l’est de Londres situé à proximité du parc olympique, la boxeuse professionnelle Marianne «Golden Girl» Marston dirige un club de boxe ambitieux qui regroupe des femmes ordinaires.

«Comme il n’y a aucune, j’essaie de créer une filière par laquelle les femmes pourront passer pour devenir boxeuses», déclare Mme Marston. Après avoir mené une carrière fructueuse aux États-Unis, où elle a travaillé avec l’entraîneur légendaire Freddie Roach, elle espère développer des boxeuses qui souhaitent faire carrière.

Mme Marston estime que les Olympiques amènent un changement d’attitude. «Il y a deux ou trois ans environ, les filles n’étaient pas admises dans la plupart des clubs, précise-t-elle. Ce n’est plus le cas.» En 2011, l’Amateur Boxing Association of England comptait 1 000 membres féminins, comparativement à 70 en 2005. À l’heure actuelle, le tiers des clubs de boxe offrent des cours aux femmes. Aucun ne le faisait en 2004.

Deux des protégées de Mme Marston ont pris part à des combats cette année. L’une d’elles, Kimberley Lee, vétérinaire et ancienne pugiliste de 25 ans, soutient qu’un meilleur entraînement l’aide à prendre son sport au sérieux. «Certains entraîneurs veulent seulement pousser un athlète dans le ring pour leur crédibilité», affirme-t-elle. Mme Lee, qui a remporté ses deux combats, a été invitée à une épreuve éliminatoire préolympique.

Mme Marston souligne que les boxeuses sont encore victimes de préjudices. «Des haut placés du British Boxing Board of Control s’opposent à la boxe professionnelle féminine», explique-t-elle. Malgré tout, elle garde espoir que les Olympiques puissent ouvrir une nouvelle ère, source de fierté. «Il y a 20 ans, c’était juste pour les voyeurs qui aimaient voir des filles se taper dessus, fait remarquer Judy Kulis, présidente de l’International Female Boxers Association. C’est maintenant chose du passé.»

La patience des boxeuses est enfin récompensée

En 1876, Nell Saunders et Rose Harland ont livré le premier combat de boxe féminine aux États-Unis. Un nouveau sport venait de voir le jour.

La boxe féminine a fait sa première apparition aux Jeux olympiques de 1904, mais à titre de sport de démonstration seulement. Au XXe siècle, les progrès sont lents, la boxe amateur étant bannie aux États-Unis et dans la plupart des pays européens. En 1988, la Suède a légalisé ce sport, suivie par l’Association internationale de boxe amateur (AIBA) en 1994 et la Grande-Bretagne en 1997.

La compétition internationale représentait la prochaine étape. En 2001, les États-Unis ont été les hôtes du premier championnat mondial de boxe amateur féminine. En 2009, le Comité International Olympique s’est prononcé en faveur de l’introduction du sport au programme des Jeux olympiques de 2012.

Sur le ring olympique

  • Katie Taylor (Irlande)

Championne du monde et première tête de série dans la catégorie des 60 kg, elle devrait poursuivre son parcours avec succès. Elle a déjà représenté l’équipe de soccer de l’Irlande.

  • Mary Kom (Inde)

C’est le plus grand espoir de médaille d’or de l’Inde, et la seule boxeuse qualifiée de ce pays. Elle a gagné six championnats mondiaux consécutifs dans la division des 45 et 46 kg, mais elle sera inscrite dans la catégorie des 51 kg à Londres.

  • Savannah Marshall (Royaume-Uni)

Âgée de 21 ans, elle est devenue la première championne du monde britannique en mai. C’est la favorite dans la division des 75 kg. Elle n’a jamais perdu un combat dans son pays.

«Leur jeu est plus pur» – Billy Walsh

Billy Walsh est esponsable de l’équipe de boxe féminine de l’Irlande, laquelle comprend Katie Taylor, quadruple championne du monde

Quel effet les Olympiques ont-ils sur la boxe à l’échelle locale?
Cette année, 200 filles de plus sont venues s’entraîner dans mon club local. Elles sont toutes admises, peu importe leur âge et leur stade de développement.

Quelle est la solution pour attirer de nouvelles recrues?
La publicité. Une chance que nous avons une vedette internationale comme Katie Taylor, qui est une source d’inspiration pour les filles de toute la planète.

Quelles sont les principales différences avec la boxe masculine?
Il n’y a pas autant d’hostilité. Leur style tend à être plutôt puriste. C’est un peu moins physique, mais les éléments restent les mêmes. Je pense aussi qu’il y a plus de respect et de discipline, moins de dérapages verbaux.

Quelle est la situation financière du sport?
Nous obtenons peu de commandites, mais c’est l’un des sports les mieux financés par l’Irish Sports Country au pays. C’est complètement différent d’il y a 10 ans.

Cinq «premières» à surveiller à Londres 2012

  1. Athlètes saoudiennes
    L’Arabie saoudite est le dernier pays à inclure des athlètes féminines dans sa délégation. Elles pourront faire leurs débuts à condition que des tuteurs le leur permettent et les accompagnent.
  2. Olympiques du carbone
    Londres 2012, qui a pour objectif d’être les premiers Jeux olympiques durables sur le plan de l’environnement, calculera son empreinte carbonique pour la première fois. On tentera d’établir le record mondial du nombre de participants à un même événement ayant compensé les émissions de carbone découlant de leurs déplacements.
  3. Trois dimensions
    Tous les Jeux tentent de laisser un héritage technologique. Après la haute définition aux Jeux de Beijing, voici le tour de la télévision en 3D. Les chaînes de télévision promettent plus de 100 heures de diffusion en 3D.
  4. Athlètes britanniques coupables de dopage
    En vertu de l’annulation du règlement de la British Olympic Association visant la suspension permanente des sportifs s’étant dopés, le cycliste David Millar et le sprinter Dwain Chambers sont de retour à la compétition.
  5. Contrôle de genre
    Pour la première fois, le sexe d’un athlète pourra être contesté. À la suite d’accusations selon lesquelles des hommes participaient secrètement à des épreuves féminines, les niveaux de testostérone des athlètes pourront être contrôlés.

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