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Vigneault a vécu une situation inhabituelle

Michel Lamarche, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Nombreux sont les joueurs qui attendent avec impatience le coup de 15 h, le lundi 26 février, date limite pour effectuer des transactions dans la Ligue nationale de hockey. Au moins un entraîneur-chef ressent la même hâte: Alain Vigneault.

À quelques heures de l’affrontement contre le Canadien de Montréal jeudi soir au Centre Bell, Vigneault a livré ses états d’âme face au contexte dans lequel lui et ses joueurs des Rangers de New York ont été plongés au début du mois.

Le contexte en question, c’est la désormais fameuse lettre de l’organisation new-yorkaise à ses partisans. Dans cette missive du 8 février, elle annonçait ses intentions de consacrer ses énergies à ajouter de jeunes et compétitifs joueurs qui allient vitesse, talent et force de caractère, quitte à ce que certains visages familiers soient contraints de faire leurs valises.

Une dizaine de jours auparavant, le journaliste Larry Brooks du New York Post avait dévoilé les plans des Rangers.

Les hommes d’Alain Vigneault viennent de perdre leurs quatre dernières sorties et présentent une fiche de 2-8-0 à leurs dix dernières rencontres. Il se classent derniers de la section Métropolitaine, et au 11e rang dans l’Association Est à six points du huitième échelon et des Blue Jackets de Columbus.

Depuis la lettre, les Rangers n’ont posé qu’un seul geste. Mardi, ils ont cédé le défenseur Nick Holden aux Bruins de Boston en retour de Rob O’Gara et d’un choix de troisième tour en 2018.

L’essentiel du point de presse de Vigneault avec les journalistes francophones a d’ailleurs porté sur la lettre et ses répercussions sur l’ensemble de l’équipe.

«C’est une situation, il n’y a aucun doute, qui est inhabituelle. Quand l’histoire est sortie au mois de janvier, on était en position pour participer aux séries éliminatoires, on était la première équipe parmi les formations repêchées. Et puis quand l’annonce officielle est sortie, il y a quelques semaines, on était quand même à trois points d’une place dans les séries. C’est certainement une situation inhabituelle pour une formation.»

Lors de sa mêlée de presse, Vigneault a confié qu’on lui avait demandé quelles étaient les chances, selon lui, que l’équipe remporte la coupe Stanley.

«Quand on me l’a demandé, j’ai répondu que je ne l’avais pas gagnée avec de meilleures équipes, mais que j’étais convaincu qu’on pouvait participer aux séries éliminatoires. (…) Comme je l’ai toujours dit, une fois que tu es là, tout peut arriver. On n’a qu’à regarder Nashville l’an dernier qui a été la 16e équipe qualifiée et qui s’est rendu en finale de la coupe Stanley. Mais des organisations prennent des décisions et il n’y a aucun doute que présentement, pour tous les gens qui sont près de notre formation, c’est une situation inhabituelle et pas facile à gérer.»

Lors d’une conversation avec ses grands patrons, Vigneault leur a lancé un message clair.

«Ce que j’ai dit à mon propriétaire et à mon président, c’est que j’essayerais de gagner tous les matchs, comme j’ai toujours fait. De ce côté-là, ça ne changerait pas. Mais la dynamique de la situation fait que c’est un peu plus difficile.»

Incompréhension

Par ailleurs, c’est Vigneault qui a eu la tâche d’aviser les joueurs des intentions de l’état-major des Rangers avant la publication de la lettre.

«Dans la position dans laquelle nous étions, c’était incompréhensible pour la plupart de nos joueurs. Pour qu’une équipe ait du succès, il faut qu’il y ait un (1) agenda, et cet agenda, il faut que ce soit celui de l’équipe. La minute que tu dis ‘on décide de reconstruire et tout le monde est disponible’, ça fait plusieurs agendas. Ça rend la tâche de travailler ensemble et de s’en aller vers le même objectif très difficile, car il n’y a pas qu’un seul objectif, il y en a plusieurs. Ce n’est pas évident.»

Vigneault n’a pas utilisé ces termes, mais on sent dans ses propos qu’un climat de tension pèse sur l’équipe. Vigneault sait fort bien à quel moment la situation s’allégera.

«La situation va s’apaiser quand le 26 va être passé. Ce dont j’ai hâte, comme la plupart de nos joueurs, c’est que le 26 soit passé. Après, il va nous rester 19 matchs et on va se concentrer là-dessus.»

Avant le point de presse de Vigneault, David Desharnais avait émis des commentaires qui rejoignent ceux de son entraîneur-chef.

«Ce ne sont pas des situations qui sont faciles. J’ai été dans cette situation-là à un moment donné, et tu ne sais jamais ce qui va arriver. On a quand même un travail à faire, mais c’est certain qu’en temps que personne, ce sont des moments difficiles.»

Lorsqu’un journaliste lui a demandé si les joueurs avaient eu l’impression que l’état-major des Rangers, par sa lettre, avait fait une croix sur la saison, Desharnais n’a pas nécessairement nié.

«C’est sûr que ça envoie un peu ce message-là, a dit l’ancien du Canadien, qui croit encore aux chances des Rangers de participer aux séries malgré leur position actuelle.

«Mais encore une fois, et ce sont des clichés, tu es un professionnel, tu arrives à l’aréna, tu as un job à faire. Si tu ne te présentes pas sur la glace, tu vas te faire humilier de toute façon. Tu joues pour ta carrière, tu joues pour toi, il y a toujours des équipes qui regardent. Il faut rester pro.»

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