Soutenez

Les gardiens, comment investir?

Il n’y a rien de révolutionnaire à affirmer que la position de gardien de but est probablement la plus importante dans une équipe de hockey.

En séries éliminatoires, le même scénario se répète presque chaque année. Un gardien part sur une lancée et transporte son équipe. On n’a qu’à penser à Jaroslav Halak en 2009-2010 ou à Jonathan Quick la saison dernière.

Pourtant, les équipes qui sont disposées à échanger un bon gardien obtiennent souvent très peu en retour, et les gardiens qui testent le marché des joueurs autonomes signent rarement de gros contrats – Ilya Bryzgalov est une grosse exception à cette règle, mais nous en parlerons plus tard.

«De façon générale, le phénomène s’est estompé, explique Tom Awad, un collaborateur de Hockey Prospectus. C’est une position où l’analyse statistique a eu un impact sur la LNH. Carey Price et Jonathan Quick ont obtenu de gros contrats, mais ils sont jeunes et talentueux. Les équipes ont moins tendance à garrocher de l’argent aux gardiens moyens, comme c’était le cas il y a quelques années.»

Même si les contrats accordés à de jeunes gardiens sont défendables, ce n’est pas nécessairement l’avenue que M. Awad privilégierait. «Les équipes devraient embaucher un gardien d’un calibre un peu moins élevé, comme Antti Niemi, et investir ailleurs. Les bons joueurs aux autres positions, théoriquement, sont plus faciles à identifier.»

Kevin P. Mongeon, du Sports Analytics Institute, a une vision des choses un peu différente. «Une bonne façon de minimiser les risques serait de s’entendre avec deux bons gardiens au lieu d’en signer un excellent. Bref, d’investir dans un portfolio diversifié de gardiens.»

En lisant cela, on pense tout de suite à la situation de Roberto Luongo à Vancouver, ou à celle de Bryzgalov à Philadelphie. Luongo a encore 10 saisons à écouler à son contrat de 12 ans d’une valeur de 63 M$. Les Canucks tentent d’ailleurs de l’échanger. Bryzgalov, pour sa part, vient de terminer la première année d’un contrat de 9 ans d’une valeur de 51 M$.

Ce n’est pas tant l’importance du salaire annuel que ces deux gardiens empochent qui fait frémir nos spécialistes des statistiques, mais plutôt la durée de leurs ententes. «Le problème avec les contrats de longue durée est la difficulté que les équipes ont à se départir du joueur, indique M. Mongeon. Un contrat n’est pas un problème si tu sais que tu peux te débarrasser du joueur quand tu le veux.».

Et les autres contrats
Les contrats des gardiens ne sont pas les seuls à faire sourciller la communauté des statisticiens. Des ententes comme celle d’Ilya Kovalchuk avec les Devils du New Jersey – 100 M$ sur 15 ans – font réfléchir.

  • Kovalchuk est un joueur dont les statistiques suggèrent, selon Tom Awad, qu’il a énormément de valeur en attaque, surtout en avantage numérique, mais qui cause des problèmes en défensive. «Présentement, le contrat est raisonnable, mais il le sera beaucoup moins si les Devils doivent encore le payer dans six ans. À mon avis, ce genre de contrat a été signé dans l’optique que la nouvelle convention collective allait permettre aux équipes de s’en sortir, soit en rachetant les ententes, soit en les annulant avec une clause d’amnistie comme dans la NBA.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.