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L'AMA a commencé à copier les données russes

MOSCOU — Les experts délégués en Russie par l’Agence mondiale antidopage (AMA) ont commencé à copier les données du laboratoire de Moscou, qui pourraient impliquer plusieurs athlètes russes dans des cas de dopage.

Le ministre russe des Sports, Pavel Kolobkov, a déclaré jeudi à la télévision russe que le travail avait commencé «dans une parfaite coordination».

«Ils ont installé leur équipement et ont commencé à copier les données, a-t-il déclaré. La coopération est complète, puisque nous avons discuté au préalable des détails techniques et organisationnels.»

Dans une déclaration transmise par courriel, l’AMA n’a pas confirmé que le transfert de données avait été amorcé, mais a affirmé que «l’équipe a accès au laboratoire et n’a pas rapporté de problème jusqu’ici».

L’AMA a demandé en septembre à la Russie de rendre disponibles les données de son laboratoire avant le 31 décembre, condition exigée en échange de la levée de la suspension de trois ans de l’agence antidopage russe, la RUSADA. Plusieurs athlètes et organisations occidentaux ont critiqué l’agence internationale pour avoir permis à la Russie de fournir ses données après la date butoir.

Une précédente délégation de l’AMA a quitté Moscou les mains vides en décembre, après que les dirigeants russes eurent allégué que l’équipement utilisé n’était pas homologué par les lois du pays.

Travis Tygart, chef de la direction de l’Agence américaine antidopage (USADA), a déclaré que si les rapports russes sont exacts, «il s’agit d’une bonne chose». Il a toutefois demandé de nouveau à l’AMA de réimposer une suspension à l’agence russe et de traiter avec transparence les «quelque 9000 tests positifs allégués».

«Jusqu’à ce que ce soit fait et que les échantillons d’urine contenus au laboratoire de Moscou se retrouvent en possession de l’AMA tel que convenu, l’AMA devrait déclarer inadmissibles les Russes pour avoir raté la date butoir du 31 décembre, a dit Tygart. Afin d’être réinstitués, ils devraient — au minimum — coopérer avec les dizaines de fédérations sportives internationales, qui ont la responsabilité d’aller de l’avant dans ces milliers de cas individuels.»

L’agence internationale souhaite récupérer des données allant jusqu’en 2015, quand elle a forcé la fermeture du laboratoire. Des enquêtes de l’AMA ont démontré que des employés du laboratoire de Moscou ont camouflé des centaines de cas de dopage d’athlètes russes de pointe dans plusieurs disciplines.

En conséquence, la Russie n’a pas pu envoyer une délégation complète aux derniers Jeux olympiques d’hiver, où les quelques athlètes qui l’ont représentée ont concouru sous le drapeau neutre des «Athlètes olympiques de Russie».

Un véhicule lettré du Comité d’enquête, un service de maintien de l’ordre russe, est arrivé au laboratoire plus tôt jeudi.

Cet organisme a mis sous scellés des données et des échantillons du laboratoire dans le cadre de sa propre enquête, qui a largement concentré ses efforts à faire passer le témoin principal de l’AMA, l’ex-directeur du laboratoire Grigory Rodchenkov, pour un menteur qui a manipulé d’innocents athlètes afin qu’ils utilisent des produits dopants.

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