Un saut dans le vide avant la fin du monde
Quand on leur a demandé ce qu’ils feraient si la fin du monde avait réellement lieu, un nombre étonnant de gens rencontrés par Métro ont affirmé qu’ils feraient du parachute.
Donc, en cette année de «fin du monde», les centres de parachutisme auraient dû faire des affaires d’or. Pas tout à fait. Plus précisément, ceux qui ont retourné nos appels n’ont pas constaté d’augmentation liée à la sinistre prédiction des Mayas.
«J’aimerais dire que oui, mais il n’y a pas vraiment eu d’augmentation, a indiqué Mario Prévost, copropriétaire du centre Parachute Montréal, situé à Saint-Esprit, au nord de la métropole. Peut-être que les gens fantasment là-dessus quand on leur pose la question, mais ça ne se traduit pas dans la réalité. On aurait pu devenir riches avec cela, mais ça n’a pas été le cas», a-t-il ajouté à la blague.
«Oui, il y a une augmentation d’année en année, mais il s’agit d’une augmentation régulière, car nous sommes de plus en plus connus, a pour sa part expliqué Jean-François Larocque, de Skyventure, un centre de chute libre simulée à Laval. Personne ne m’a parlé de fin du monde avant de faire une réservation.»
Le contraire aurait été un peu étonnant. Et avouons qu’on imagine un peu mal la scène.
Réceptionniste : «Centre de parachutisme (quelconque), bonjour. Que puis-je faire pour vous?»
Client : «Bonjour madame, je voudrais m’inscrire pour faire un saut en parachute.»
Réceptionniste : «Parfait, avez-vous des préférences?»
Client : «Pas vraiment. Je veux juste sauter dans le vide avant la fin du monde. Avant que la terre explose et que la population entière s’éteigne dans d’atroces souffrances.»
Réceptionniste : «Euh…»
Même si les gens ne se sont pas rués aux portes de son centre avant le jugement dernier, M. Prévost comprend le désir que certains ont de faire quelque chose qui sort de l’ordinaire avant la fin. «Tu n’apprécieras jamais autant la vie qu’après être passé près de la perdre, a-t-il affirmé. Et c’est un peu cela que les gens viennent chercher en sautant en parachute. Ils se disent “Je risque ma vie pour vrai. Je sais que c’est sécuritaire, mais je me crisse en bas d’un avion.”»
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En dépit de la peur, les gens qui décident de faire le saut rebroussent rarement chemin. «Une fois dans l’avion, on ramène très rarement des gens en bas, dit M. Prévost. Cela arrive peut-être une fois par deux ou trois saisons.»
De plus, les gens veulent effectuer des sauts plus difficiles que dans le passé, selon M. Prévost. À une époque, les sauteurs novices s’élançaient d’une hauteur de 3 500 pi, et leurs parachutes s’ouvraient immédiatement. Maintenant, les clients désirent faire de la chute libre, et les sauts en tandem de 13 500 pi avec un instructeur sont beaucoup plus populaires.