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Une fraude et une belle histoire

Il y a deux façons d’analyser la saison des Colts d’Indianapolis.

D’abord, il y a la manière romantique. En début de saison, le nouvel entraîneur-chef de la formation, Chuck Pagano, a appris qu’il était atteint de la leucémie. De là est partie la campagne Chuckstrong. Les partisans de l’équipe, et les amateurs de football en général, ont fait plusieurs dons à la recherche contre ce type de cancer. Deux meneuses de claque de l’équipe se sont même fait raser les cheveux en signe de solidarité.

L’effet Chuckstrong s’est aussi fait sentir sur le terrain. Les Colts, menés par le premier choix au dernier repêchage, Andrew Luck – obtenu grâce à une année de misère en 2011 –, ont terminé la saison avec une improbable fiche de 11-5. Pagano est officiellement revenu à son poste pour le dernier match de la saison, une victoire convaincante de 28-16 contre les Texans de Houston. À l’aube des séries, l’équipe est plus soudée que jamais et pourrait bien créer la surprise en dépit d’un manque de talent généralisé.

Et il y a la façon pragmatique. En 16 matchs en 2012, les Colts ont inscrit 357 points et en ont accordé 387, ce qui leur donne un différentiel négatif de 30 points. Ils sont de loin les pires dans cette catégorie parmi les équipes qui participent aux séries. Selon le théorème de Pythagore appliqué au football, une formule d’abord mise de l’avant au baseball pour calculer le pourcentage réel de victoires d’une équipe, les Colts auraient dû remporter 7 parties cette saison, et non 11.

De plus, Football Outsiders, un excellent site d’analyse statistique, classe les Colts au 25e rang dans la NFL avec sa statistique principale pour mesurer l’efficacité des équipes, le DVOA (Defense-adjusted Value Over Average). Dans le Weighted DVOA, qui donne plus d’importance aux matchs de fin de saison, les Colts occupent également la 25e place.

Si cela n’est pas assez pour saper le moral des partisans des Colts, la troupe d’Andrew Luck a connu énormément de succès dans les parties décidées par un touché ou moins en 2012 (9-1). Ces résultats dans les matchs serrés sont pratiquement impossibles à maintenir et ne sont pas de bons indicateurs des succès futurs d’une formation.

Même si les hommes de Pagano n’ont pas nécessairement leur place en séries, ils ont une chance de passer au deuxième tour puisqu’ils affronteront dimanche une autre équipe à la fiche un peu frauduleuse : les Ravens de Baltimore. Toutefois, ces derniers auront eux aussi une inspiration supplémentaire pour les éliminatoires. Leur meneur, le secondeur Ray Lewis, a annoncé qu’il allait prendre sa retraite à la fin des séries.

Les têtes roulent
Chaque année, c’est la même chose. Des entraîneurs et des directeurs généraux perdent leur emploi une fois que la saison régulière de la NFL est terminée.

  • Et l’année 2012 a été particulièrement cruelle, car sept entraîneurs et cinq directeurs généraux se sont déjà fait montrer la porte. Chez les entraîneurs, Ken Whisenhunt (Cardinals), Chan Gailey (Bills), Lovie Smith (Bears), Pat Shurmur (Browns), Romeo Crennel (Chiefs), Andy Reid (Eagles) et Norv Turner (Chargers) sont maintenant au chômage. Les DG qui ont été congédiés sont Rod Graves (Cardinals), Mike Tannenbaum (Jets), Gene Smith (Jaguars), Tom Heckert (Browns) et A.J. Smith (Chargers).

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