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Tennis Canada au service de la santé mentale

Bianca Andreescu
Bianca Andreescu est l'ambassadrice du projet Pause mentale, initié par Tennis Canada. Photo: Gracieuseté / Tennis Canada

Alors que les meilleurs joueurs de tennis au monde seront réunis à Montréal au début du mois d’août pour l’Omnium Banque Nationale, Tennis Canada a annoncé le lancement de Pause mentale, un projet visant à améliorer le bien-être des athlètes.

À travers une série d’initiatives, Pause mentale s’efforcera de créer un milieu sûr, sain et favorable au développement des athlètes et à l’avenir du sport.

Tennis Canada invite les détenteurs de billets, le personnel, les bénévoles et les joueurs du circuit à signer La Promesse pour une expérience de tennis positive.

Cet engagement écrit vise à mettre fin aux tabous entourant la détresse psychologique dans le sport.

Crédit: Youtube / Tennis Canada

«Il ne faut pas oublier que derrière ces supervedettes, il y a des êtres humains», lance la directrice des communications chez Tennis Canada, Valérie Tétreault.

«J’ai toujours dit que le tennis est un sport qui se passe 80 % du temps entre les deux oreilles. Les fédérations ont mis beaucoup de temps et d’argent sur l’aspect physique du développement, mais la santé mentale est centrale pour les athlètes», poursuit l’ancienne 112e raquette mondiale.

Les amateurs auront également la possibilité d’envoyer des «cartes postales de soutien» à leurs joueurs et joueuses préférés. Le personnel du tournoi recueillera les cartes et les distribuera aux joueurs pendant le tournoi.

Petite aide qui fait grand bien

Le projet Pause mentale permettra également aux athlètes de bénéficier d’une série de services visant à réduire leur stress.

Durant l’Omnium Banque Nationale, des zones de méditation, une liste de lecture musicale «Pause mentale» et un accès individuel à des experts en santé mentale seront offerts aux joueurs.

Une table ronde portant sur les enjeux liés à la santé mentale au tennis sera également organisée le 10 août à Toronto.

Valérie Tétreault, qui compétitionnait sur le circuit de la WTA dans les années 2000, aurait bien aimé avoir accès à des services du genre.

«J’ai l’impression d’avoir vécu beaucoup d’émotions en montagnes russes dans ma courte carrière. Quand ça devient difficile, on a souvent le réflexe de s’isoler et de ne pas savoir où aller chercher de l’aide», explique-t-elle.

«Notre objectif est justement d’amener ces discussions, de créer un dialogue sur le bien-être des athlètes.»

De Naomi Osaka à Bianca Andreescu

L’idée du projet Pause mentale a mûri durant plusieurs mois, mais l’élément déclencheur pour Tennis Canada fut l’épisode de détresse qu’a vécue l’ancienne numéro un mondiale Naomi Osaka au tournoi d’Indian Wells, en mars dernier.

La Japonaise avait été victime d’injures et de propos haineux de la part d’un amateur dans les estrades.  

«Ça l’a beaucoup affectée; ça l’a complètement sortie de son match. Il faut qu’il y ait une responsabilisation de tous ceux et celles qui regardent les matchs pour créer un environnement plus sain pour les joueurs», poursuit Valérie Tétreault.

La Canadienne et ambassadrice du projet Pause mentale, Bianca Andreescu, a également vécu plusieurs défis sur le plan psychologique.

Bianca Andreescu au tournoi de Wimbledon.
Photo: Gracieuseté / Tennis Canada

Plus tôt cette année, l’ancienne quatrième raquette mondiale avait déclaré forfait pour l’Omnium d’Australie afin de «prendre soin de sa santé physique et mentale».

«J’ai abordé avec franchise mes propres difficultés de santé mentale et j’étais ravie qu’on me demande de participer à cet important projet de Tennis Canada. Même si l’on parle de plus en plus de santé mentale, je pense qu’il y a encore beaucoup de travail à accomplir et j’ai hâte de contribuer à la déstigmatisation des combats que nous livrons en dehors des terrains», a mentionné Bianca Andreescu.

Selon Valérie Tétreault, plusieurs pièges guettent les joueuses de tennis.

«Au tennis, ce sont les athlètes qui gèrent leur calendrier des tournois auxquels ils vont participer. Si tu es blessée ou si tu ne joues pas, il n’y a pas d’argent qui entre. Mais souvent, enchaîner cinq tournois n’est vraiment pas une bonne idée. Ça prend beaucoup de maturité pour bien doser tout ça», explique l’ancienne joueuse.

L’Omnium Banque Nationale aura lieu du 5 au 14 août. Les hommes seront réunis à Montréal tandis que les femmes se disputeront le titre à Toronto.

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