Mark Weightman: «Il y a trop de talent sur le terrain»
En dépit d’un début de saison décevant, le chef des opérations des Alouettes n’a jamais pensé que son équipe était réellement en danger. Mark Weightman s’est entretenu avec Métro à propos des performances des Oiseaux et de son rôle au sein de l’organisation.
Considérant les résultats décevants de l’équipe en début de saison et les nombreuses blessures, avez-vous pensé que les Alouettes pourraient rater les séries cette année?
Non, pas une seconde. Si on avait continué à avoir beaucoup de problèmes, peut-être qu’on y aurait pensé, mais il y a trop de talent sur le terrain. Noel Thorpe fait un excellent travail avec la défense. Les unités spéciales aussi sont très bonnes. On a donc deux des trois facettes du jeu qui se sont considérablement améliorées par rapport aux dernières années. L’attaque a mis plus de temps à se mettre en marche, mais on a vu au cours des deux derniers matchs qu’elle était plus efficace. Si on gagne nos deux prochaines parties contre Toronto, on peut se retrouver au premier rang dans l’Est. La saison est encore très longue.
Le faux départ de cette saison a finalement coûté son emploi à l’entraîneur Dan Hawkins. Avec un peu de recul, pensez-vous que l’embauche de Hawkins pour remplacer Marc Trestman était une erreur?
Il n’y a personne qui prend systématiquement des bonnes décisions. Dan [Hawkins] avait eu du succès avec Boise State et était à l’aise avec les médias. Il devait toutefois s’adapter au football canadien et aux rangs professionnels. C’était beaucoup demander à quelqu’un. Toutefois, Jim Popp (directeur général de l’équipe) a réagi très rapidement.
Vous faites partie de l’organisation des Alouettes depuis 19 ans maintenant.
J’ai commencé comme stagiaire à Baltimore en 1995 avant de revenir à Montréal. Et l’équipe m’a suivi (rire). J’ai touché pratiquement à tout depuis mon arrivée – les commandites, la présentation de matchs, le marketing, les produits dérivés…
Vous êtes chef des opérations pour une deuxième année. Commencez-vous à avoir hâte d’ajouter le titre de président sur votre carte d’affaires?
J’ai toujours cru que les titres ne voulaient rien dire. C’est ce que la personne fait qui est important. Ce n’est pas quelque chose à quoi je pense. Par contre, je sais que parfois, des gens trouvent ça un peu mêlant. Souvent, dans les médias, on me présente comme le président de l’équipe. Mais je ne veux pas tenir pour acquis quelque chose qui ne l’est pas.
Votre rôle serait-il différent si vous étiez aussi président?
Je ferais la même chose. La seule différence, c’est que lorsqu’il y avait un président, le département des opérations football se rapportait à lui. Là, je ne suis pas le patron de Jim Popp.
Justement, vous connaissez Jim Popp depuis longtemps. Quel genre de relation entretenez-vous avec lui?
L’avantage, c’est que je le connais depuis 19 ans. C’est un ami de longue date en plus d’être un collègue. Il y a une confiance qui s’est bâtie entre nous au fil des années. Jim, d’ailleurs, est le premier à me présenter aux autres en tant que président de l’équipe.
Anthony Calvillo est le visage de l’équipe depuis maintenant plusieurs années. On sait qu’il sera difficile à remplacer sur le terrain, mais qu’en sera-t-il du côté affaires?
Anthony est là depuis tellement longtemps! Et en plus, il détient pratiquement tous les records. Mais en tant qu’organisation, on a intérêt à mieux faire connaître nos athlètes, surtout nos joueurs québécois. Cela dit, quand Anthony décidera de prendre sa retraite, je pense qu’il va rester ici, et c’est sûr qu’on va essayer de le garder proche de nous.
L’équipe organisera maintenant des événements festifs (tailgate) avant les matchs à domicile. Comment allez-vous vous y prendre?
On a constaté au cours des dernières années que des gens, par eux-mêmes, allaient s’installer dans le parc du Mont-Royal, tout près du stade, avant les matchs. On a donc proposé à la Ville d’encadrer ces activités. Ça va commencer vraiment officiellement avant la partie du 8 septembre contre Toronto.
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Soutenir le football québécois
Le football est rapidement devenu très populaire au Québec. De quelle façon les Alouettes contribuent-ils au football amateur?
- Nous avons toujours été présents dans le monde du football amateur, mais nous devons être plus impliqués dans le développement du sport dans la province. Le football grandit vite. Il y a de plus en plus de joueurs chez les professionnels. Nous avons 14 joueurs québécois dans l’organisation. Le problème est que, comme la croissance du football est très rapide, il y a une pénurie d’entraîneurs. Nous voulons nous attaquer à ça. Par exemple, nous avons ouvert deux postes dans notre groupe d’entraîneurs qui sont occupés par deux Québécois, un qui s’occupe d’une équipe au cégep, et un autre au secondaire. Ils sont là pour apprendre. Nous participons aussi à l’organisation du match des étoiles des joueurs de niveau secondaire.