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Wickenheiser veut continuer après Sotchi

Photo: Mark Blinch/La Presse Canadienne

CALGARY – À sa dernière présence sur la glace lors de la finale olympique de hockey féminin à Vancouver, Hayley Wickenheiser a délaissé la rondelle des yeux.

«J’ai porté mon regard dans les gradins pour voir les amateurs célébrer. Je n’avais jamais fait ça aux Jeux olympiques, rappelle-t-elle. J’étais pas mal confiante que nous allions l’emporter. La rondelle était à l’autre bout de la patinoire.»

On aurait pu croire que c’était le moment de prédilection pour elle de couronner une longue et fructueuse carrière. Mais c’était loin d’être fini pour Wickenheiser.

À l’approche des Jeux de Sotchi, elle se fait souvent demander si ses sixièmes JO seront ses derniers.

«Je ne sais pas, c’est vrai, indique l’attaquante âgée de 35 ans. J’adore encore jouer. J’estime que j’ai encore beaucoup d’essence dans le réservoir.

«J’adore la vie d’athlète, ajoute celle qui a été choisie afin de porter le drapeau du pays lors de la cérémonie d’ouverture, le 7 février. Vous êtes comme votre propre patron. Vous décidez ce que vous voulez faire, tout en gagnant votre vie. C’est un bon `job’.»

Wickenheiser a déjà cinq participations aux JO à son palmarès — quatre en hockey féminin et une en softball — ainsi que trois médailles d’or olympique et une d’argent, toutes obtenues en hockey, dans une carrière qui s’échelonne sur deux décennies.

Considérée à une époque comme la meilleure joueuse de hockey au monde, Wickenheiser a toujours orienté sa carrière avec comme objectif de repousser ses propres limites et celles de son sport.

Plus que jamais, elle prend les bouchées doubles afin de prolonger sa carrière le plus longtemps possible.

Depuis 2010, elle chausse les patins pendant les étés avec des joueurs de la LNH comme Nathan MacKinnon, Matt Duchene et Sam Gagner. Elle s’entraîne aussi en gymnase avec la pilote de bobsleigh Kaillie Humphries et en bicyclette avec l’entraîneur de sprint Stuart McMillan. Elle fait de la course à pied en montagnes et sur les plages en compagnie de la coureuse de longue distance, Syl Corbett.

«J’aime m’entourer de gens qui sont meilleurs que moi, explique-t-elle. Des gens inspirants qui me permettent de croire que je peux moi-même être meilleure.»

L’athlète de Shaunavon, en Saskatchewan, réfute l’allégation selon laquelle elle arrive au bout du rouleau.

«Si j’étais un homme, on ne parlerait pas de ça, argue-t-elle. Temmu Selanne est âgé de 42 ans, Chris Chelios a joué jusqu’à l’âge de 47 ans et je suis âgé de 35 ans. Je suis jeune et j’ai encore beaucoup d’énergie.»

Après 2010, la mère monoparentale d’un fils adopté a complété un baccalauréat en kinésiologie à l’Université de Calgary, où elle a porté les couleurs des Dinos.

Sa présence dans l’équipe universitaire, à l’âge de 32 ans, n’a pas été accueillie favorablement. Une équipe visiteuse a déjà affiché un commentaire désobligeant, avant un match, qui se lisait comme suit: «Si on parle de vous dans nos livres scolaires, vous ne devriez pas faire partie de notre ligue».

Wickenheiser a marqué l’histoire du sport au pays. Jayna Hefford et elle seront à Sotchi les deux seules joueuses qui auront pris part à tous les tournois olympiques depuis que le hockey féminin a fait ses débuts aux JO en 1998.

Wickenheiser est la meneuse au Canada au chapitre des matchs internationaux (265), des buts (166) et des passes (204). Elle a été la meilleure marqueuse et la joueuse par excellence des tournois olympiques de 2002 et de 2006. Elle a joué malgré un poignet fracturé en 2006.

Nommée capitaine de l’équipe en 2006, elle a vu l’entraîneur Kevin Dineen la remplacer par Caroline Ouellette dernièrement.

«Je mentirais si je disais que ça ne m’a pas fait mal, avoue-t-elle. Je prêche par l’exemple, et je ne changerai rien à ma façon de faire. Je suis convaincue que `Caro’ va faire de l’excellent travail comme capitaine.»

Impliquée dans plusieurs causes humanitaires ainsi que dans le mentorat du hockey féminin dans d’autres pays, elle souhaiterait faire partie de la commission des athlètes du Comité international olympique (CIO). Elle soumettra sa candidature en vue de l’élection qui aura lieu à Sotchi.

«Je m’intéresse au développement du sport, le CIO me paraît comme un endroit intéressant où commencer. Je me demande si nous pouvons réellement faire une différence et je suis curieux de voir comment ça se passe.»

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