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Philippe Marquis dans les sillons de son frère

Photo: Archives Métro

Philippe Marquis a toujours skié dans les sillons de son frère Vincent. C’est dans la logique des choses qu’il participe aux Jeux de Sotchi, un cycle olympique après que l’aîné eut pris le quatrième rang de l’épreuve des bosses en ski acrobatique à Vancouver.

Philippe, de cinq ans le cadet de Vincent à 24 ans, avait bien failli être du grand rendez-vous quadriennal avec lui, en 2010. Mais il a raté sa qualification de peu. Il l’avait tout de même accompagné puisqu’il a agi comme ouvreur de piste de la compétition, remportée par Alexandre Bilodeau.

Cette année encore, Marquis croyait bien devoir faire son deuil des JO, possiblement à tout jamais, après avoir raté sa qualification par une position lors de la Coupe du monde disputée à Val Saint-Côme, il y a une dizaine de jours. Un coup du sort lui aura finalement permis d’obtenir son billet pour Sotchi quand la spécialiste de la demi-lune, Megan Gunning, s’est blessée à un genou aux X-Games, la semaine dernière.

«Dans une discipline exigeante physiquement comme celle-là, nous ne devons pas trop étirer l’élastique parce que nous pouvons nous faire jouer un vilain tour», avait d’ailleurs souligné Marquis il y a quelques mois, lui qui n’envisage pas poursuivre sa carrière jusqu’aux Jeux de PyeongChang en 2018.

Il ne l’a pas eu facile aussi depuis Vancouver en voyant sa progression être retardée par deux opérations à l’épaule gauche, résultat de deux blessures différentes. Mais il est de retour en forme. En 2012-13, il a pris le septième rang au cumulatif de la saison. Il a remporté la médaille de bronze de la compétition de la Coupe du monde de Sotchi. C’était pour lui un premier podium en 11 mois sur la scène internationale.

«Je viens de connaître deux excellentes saisons. J’ai gagné énormément de confiance», dit l’athlète natif de Québec.

La confiance, c’est le principal ingrédient qui manquait à sa recette du succès, selon son grand frère qui a toujours clamé que Philippe est plus talentueux que lui.

Comme son coéquipier Marc-Antoine Gagnon, Marquis compétitionne dans l’ombre des Mikaël Kingsbury et Bilodeau, les deux grands leaders de l’équipe canadienne des bosses.

«Les succès de Mik et d’Alex sont motivants pour tous les membres de l’équipe. D’avoir le meilleur exemple sous les yeux fait de nous tous de meilleurs athlètes, en plus d’assurer que notre discipline sportive demeure en santé au pays grâce à une relève florissante», souligne-t-il.

«Le revers de tout ça, c’est que les qualifications pour de gros événements comme les Championnats du monde et les Jeux olympiques sont plus corsées. Mais ça fait partie du jeu.»

Fin observateur

Philippe a toujours épié les faits et gestes de son grand frère. Ce fin observateur porte maintenant un regard attentif vers les Kingsbury, Bilodeau et tous les autres.

«Je regarde beaucoup ce qui se passe autour de moi, peut-être trop même. Parfois, je me dis que je devrais laisser mon instinct me guider un peu plus.»

L’étudiant en administration n’hésite jamais à aller demander des conseils. Pour lui, ce brassage d’idées permet aux athlètes canadiens de rester au sommet de la pyramide du ski de bosses.

«Même si nous pratiquons un sport individuel, nous formons une équipe. Mon frère me l’a toujours rappelé. Si nous nous entraidons, ça aide notre pays. Les gars sont d’une grande générosité entre eux. Il n’y a aucune gêne. Même Mik (Kingsbury) vient nous voir pour nous demander des trucs. Le but, en bout de ligne, c’est que nous soyons une bonne équipe, que le Canada fasse bien sur la scène internationale.»

Famille de sportifs

Le sport est une affaire de famille chez les Marquis, qui comptent aussi une fille, l’aînée Anne. Une dévotion qu’il leur a été transmise par le paternel François, qui est médecin.

La passion pour le ski a été le fruit de toutes ces journées passées au chalet familial, près des pentes de Stoneham. Mais on a tâté plusieurs autres disciplines sportives, comme le football, le soccer, le tennis et le hockey.

Les frangins ont toujours été très compétitifs, peu importe l’aire de jeu. Vincent a été un excellent joueur de football. Philippe a dû délaisser ce sport parce qu’il était trop petit (cinq pieds six pouces, 155 livres), mais il a joué au soccer jusqu’à l’âge de 15 ans.

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