La stratégie de la cour d’école
Plusieurs experts nous l’ont dit cette semaine: les équipes de la «Ligne» Nationale qui ne choisissent que des gardiens de six pieds et plus n’ont pas toujours raison de le faire. C’est que Tokarski est à peine plus grand que David Desharnais et ça ne l’a pas empêché de voler le troisième match de la série. Or, en prolongation hier, s’il avait mesuré dix centimètres de plus, Tokarski aurait sans doute arrêté le lancer de Martin St-Louis et on n’en serait peut-être pas là à se moucher dans notre fanion de Canadien.
Mais ce n’est pas là la vraie cause de la défaite d’hier. Il y a bien sûr le fait que Canadien a été mauvais comme sur le dos d’un canard. Mais surtout, il y a cette petite guerre de mots, ce show de boucane comme dirait Michel Therrien, qui a déconcentré ses troupes. Niaisage avec des assistants-coachs dans les estrades, taquinage de joueurs adverses blessés et autres accusations envers certains adversaires qui ne seraient pas fins avec leurs bâtons n’ont pas été suffisants pour réveiller Vanek. Au contraire.
Pourtant, Michel Therrien devrait se rappeler des séries de l’année dernière alors qu’il avait orchestré un show de boucane semblable en disant que Paul McClean n’avait pas de classe. Brandon Prust, qui lui en a beaucoup, de la classe, avait ajouté que McClean ressemblait à un «gros morse aux yeux exorbités». Résultat? Pas de résultat. Ottawa en 5.
Selon nos calculs et si la tendance se maintient, Canadien s’enligne vers une autre défaite en cinq, contre les Rangers cette fois. Encore une fois, la stratégie de la cour d’école aura échoué. De son côté, Alain Vigneault reste calme. Même pas de «celui qui l’dit, celui qui l’est». Tout ça pourrait lui sourire. À moins que Tokarski mette des talons hauts et vole les trois prochains matchs.