L’entraîneur de l’Argentine exaspéré qu’on dise que tout repose sur Messi
BRASILIA, Brésil — Est-ce que l’Argentine est synonyme de Lionel Messi au tournoi de la Coupe du monde?
L’entraîneur Alejandro Sabella est quelque peu exaspéré d’entendre l’observation — qu’a même faite le dieu argentin Diego Maradona — selon laquelle l’équipe mise excessivement sur le quadruple joueur par excellence de l’année au monde.
Messi a réussi quatre des six buts de l’Argentine dans la phase de groupe au Brésil, incluant deux buts décisifs dans les trois matchs, et il a préparé le but d’Angel Di Maria dans la victoire de deuxième tour contre la Suisse.
En vue de l’affrontement de quart de finale contre la Belgique samedi, Sabella a répondu à une énième question au sujet de l’importance qu’a Messi dans l’équipe.
“Je me répète: n’importe quelle équipe qui a dans ses rangs un joueur de la trempe de Messi va énormément se fier à lui.”
Mais Sabella a aussi mis l’accent sur le jeu collectif de l’équipe et il a coupé court à une question d’un journaliste, vendredi, afin de décrire en détail l’importante contribution du milieu de terrain Rodrigo Palacio sur la séquence du but de Di Maria en temps additionnel. C’est Palacio qui a intercepté le ballon et qui l’a habilement relayé à Messi.
“Désolé, mais si Palacio ne fait pas ce jeu-là, nous n’aurions pas marqué”, a-t-il fait remarquer.
Les succès de Messi sont intimement liés à la capacité de ses coéquipiers de le repérer dans les zones d’attaque, selon Sabella.
“J’estime que ce travail est accompli par toute l’équipe, a insisté l’entraîneur. Évidemment, il (Messi) est le meilleur joueur au monde, mais c’est du travail d’équipe.”
Maradona, grande vedette du triomphe de l’Argentine lors de la Coupe du monde de 1986, a affirmé à un média latin américain que l’équipe joue un jeu dangeureux en misant trop sur l’attaquant très talentueux de l’équipe de Barcelone.
Possiblement irrité, Sabella a relevé que Messi n’avait pas livré la marchandise au cours de la Coupe du monde de 2010, et qu’on avait blâmé pour ça l’entraîneur Maradona à l’époque.
Quatre ans plus tard, il est la grande vedette de l’Argentine et ça provoque encore une réaction négative.
“C’est toute l’équipe qui soutient Messi, qui fait qu’il est meilleur et qui le fait sentir bien. Et il est à la hauteur, a martelé Sabella. Il y a quatre ans, il était la cible de critiques. Maintenant, on dit que nous nous fions trop à lui. Ce n’est pas facile.”
L’Argentine n’a gagné la Coupe du monde que deux fois, en 1978 et en 1986. Mais les attentes sont démesurément irraisonnables dans le pays, pointe Sabella.
“C’est un problème de culture, nous sommes comme ça, a avancé le `coach’ âgé de 59 ans et ancien milieu de terrain de l’équipe nationale. Quand j’étais enfant, je ne cessais d’entendre que nous étions les meilleurs. Pourtant, nous n’avions jamais été les meilleurs au monde.
“Nous pensions que nous étions les meilleurs. C’est culturel. Nous verrons bien si nous pouvons combler les attentes.”