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Le Toronto FC en mode panique

Photo: La Presse Canadienne

Tandis que les choses se replacent tranquillement pour l’Impact de Montréal, qui vogue depuis quelques semaines sur le très bénéfique «effet Piatti», la panique semble (encore une fois) avoir gagné la direction de son meilleur ennemi, le Toronto FC.

Avec 10 matchs à faire à la saison et malgré une quatrième place provisoire, garante de séries éliminatoires, le directeur général torontois, Tim Bezbatchenko, a montré la porte à l’entraîneur-chef Ryan Nelsen, dimanche dernier. Cette annonce, somme toute surprenante, est survenue après que les deux hommes ont eu un accrochage, par micros interposés, au cours du week-end.

Vendredi dernier, Bezbatchenko avait convié quelques journalistes pour envoyer un message clair: «Il faut élever notre jeu d’un cran.» Écorchant au passage le travail de Nelsen.

Sans surprise, le Néo-Zélandais n’avait pas apprécié l’initiative. Le lendemain, après une raclée de 3-0 subie face aux Revs de la Nouvelle-Angleterre, il n’avait pas manqué de rétorquer à son patron, l’accusant d’avoir mis une «pression non nécessaire» sur l’équipe, scellant, sans le savoir, son départ.

S’il est vrai que Toronto ne compte que 3 victoires en 13 matchs depuis le retour de la pause de la Coupe du monde, il faut tout de même prendre en considération la longue liste de blessés qui afflige le club et qui inclut plusieurs joueurs de premier plan, dont le buteur anglais Jermain Defoe, que le TFC a signé à fort prix en janvier.

Avec les ajouts de Defoe et Michael Bradley, meneur de jeu de la sélection américaine, les Reds entamaient la saison 2014 avec une nouvelle étiquette de candidats au titre, eux qui n’ont pourtant jamais percé le seuil des séries depuis leur entrée en MLS, en 2007.

C’est justement le poids de cette sécheresse d’après-saison qui fait tiquer la direction de MLSE (Maple Leaf Sports and Entertainment, le puissant conglomérat propriétaire du TFC, des Maple Leafs (LNH) et des Raptors (NBA)). Une nervosité dangereuse, qui ne laisse guère place à la stabilité, ni à la vision à moyen ou long terme et qui, comme s’en plaignait Nelsen avant de se voir congédié, instaure une pression malsaine au sein du groupe de joueurs.

Le Toronto FC fait donc le pari risqué de renverser la vapeur avec l’assistant de Bezbatchenko, Greg Vanney, aux commandes. Une première expérience au poste d’entraîneur-chef pour l’ex-international américain.

Une fois de plus, le désespoir est palpable chez MLSE, et à voir les récents palmarès des autres équipes sous sa gouverne, il serait temps que ce grand empire du divertissement procède à une sérieuse introspection sur la manière de gérer ses franchises sportives.

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