Acheter le silence
Tout en comprenant les investisseurs «floués» par Vincent Lacroix et compagnie d’accepter de guerre lasse l’entente «à l’amiable» qui, semble-t-il, leur permettra éventuellement de récupérer l’argent investi, tous les citoyens garderont un souvenir blessé du peu de vigilance des institutions financières majeures qui ont permis l’existence d’une telle arnaque.
D’une certaine façon, on a finalement l’impression que celles-ci ne cherÂchent qu’à acheter le silence des investisseurs et des citoyens. Mais la mémoire collective restera marquée par le manque de contrôle et de sérieux de ceux à qui on croyait pouvoir faire confiance pour gérer nos biens gagnés souvent de haute lutte.
Le gouvernement du Québec ne doit pas non plus s’en laver les mains. Il y a de ces violences morales qui équivalent à des violences physiques. À ce niveau, il serait également déplorable que Vincent Lacroix soit libéré sous certaines conditions. Dans certaines régions du monde, le signal du ras-le-bol des citoyens s’exprime par le rejet des dirigeants. Faudrait-il en venir ici à ce point de frustration et d’exaspération?
– Jacques Léger, Montréal