Bien se préparer pour le camp de vacances

«Je suis moi-même père de famille et je conseille à tous les parents de donner, au moins une fois, la chance à son enfant de vivre l’expérience d’un camp de vacances», recommande Éric Beauchemin, directeur général par intérim de l’Association des camps certifiés du Québec. Selon cet ancien directeur de camp, un séjour en camp de vacances peut être bénéfique aux enfants, car cela leur permet de développer leur autonomie, leur estime de soi et leur indépendance.

Claudia Écrement, psychologue à la clinique de psychologie St-Lambert, est d’accord sur ce point. L’enfant acquiert effectivement des habiletés de socialisation lors d’un camp. Un séjour en camp permet de rencontrer et de s’adapter à de nouveaux adultes, notamment les moniteurs, et constitue l’occasion de se faire de nouveaux amis. Le camp peut aussi amener une amélioration de l’estime de soi grâce à l’apprentissage de nouvelles habiletés physiques ou intellectuelles, que ce soit en tir à l’arc ou en anglais. Éric Beauchemin est convaincu que l’expérience est bénéfique : «Ces séjours laissent souvent aux enfants des souvenirs impérissables, d’autant qu’ils développent un sentiment d’appartenance à un groupe et une relation de confiance avec un jeune adulte».

Mais selon Claudia Écrement, il faut avant toute chose s’assurer que l’enfant a bel et bien envie de vivre cette expérience : «Les parents doivent se baser sur le tempérament de leur enfant et sur son désir de partir», souligne la psychologue. Elle conseille d’ailleurs de ne pas envoyer en camp des enfants de moins de neuf ans car elle estime qu’ils ne sont pas prêts à passer tant de temps loin de leurs parents et de leur environnement habituel. «À partir de neuf ans, les jeunes sont au deuxième cycle du primaire et ils ont déjà commencé à développer leur autonomie et leur sens des responsabilités, explique-t-elle. Ils ont plus de repères et d’expérience des règles de vie en communauté.»

La méthode que conseille Éric Beauchemin est d’y aller étape par étape. D’abord, il faut essayer le camp de jour où l’enfant revient dormir à la maison le soir, puis un camp de vacances court avec seulement deux ou trois nuits loin de la maison et, finalement, un véritable camp d’une ou plusieurs semaines. Claudia Écrement, quant à elle, recommande aux parents de commencer par encourager leur enfant à passer un peu de temps chez des amis ou de la famille. «Dans cet environnement, les jeunes enfants sont en confiance et savent qu’ils peuvent appeler leurs parents quand ils veulent, ce qui contribue à les rassurer tout en les habituant à ne pas dormir chez eux», explique-t-elle.

Dans un second temps, le choix du camp est un élément essentiel de la réussite du séjour : «Si votre enfant est un artiste dans l’âme et qu’il est inscrit à un camp scientifique, c’est sûr que ça ne marchera pas marcher!» s’exclame Éric Beauchemin. Le choix doit se faire en accord avec l’enfant et selon ses goûts. Certains parents axent les vacances de leurs enfants sur la recherche de la performance. Par exemple dans les camps d’immersion en anglais, de sport intensif ou de sciences…

Selon Claudia Écrement, il ne faut pas inscrire son enfant à un camp ou à des activités dans l’optique d’ajouter une compétence à son CV, mais bien dans le but d’ouvrir l’esprit de l’enfant en respectant ses goûts. «Les parents d’une petite fille que je vois en consultation insistent pour qu’elle continue le piano, alors qu’elle déteste en jouer, car elle n’aurait alors plus qu’une seule activité, ce qu’ils perçoivent comme négatif» raconte-t-elle. Mais, à l’inverse, la même petite fille a participé l’été dernier à un camp de vacances d’initiation au journalisme qu’elle a adoré, à tel point qu’elle veut maintenant en faire son métier.

«Le camp est une bouffée de liberté, loin du cadre scolaire ou de l’autorité des parents, affirme Éric Beauchemin. Les enfants ont le droit de courir et de parler fort et ça leur fait du bien !» Pourtant, certains enfants n’apprécient pas l’expérience ou ne veulent tout simplement pas partir. Selon Claudia Écremont, il ne faut pas s’en inquiéter : «Je pense qu’il y a des enfants qui n’ont pas le tempérament pour ça. Ils préfèrent simplement rester chez eux, dans leur environnement habituel, au même titre que certains adultes choisissent de passer leurs vacances chez eux.»

S’adapter à son enfant
Bien connaître son enfant permet d’adopter la bonne atti­tude lors de la planifi­ca­tion des vacances et de bien agir en l’encourageant ou non à partir. Si votre enfant est d’un naturel très anxieux, mieux vaut ne pas le mettre dans cette situation de séparation. Certains ne sont pas faits pour ça et préfèrent simplement être chez eux. Les enfants qui ont des difficultés à l’école peuvent, quant à eux, retirer un bénéfice du camp, car ils y développeront de nouvelles compétences dans le plaisir, et non dans le cadre parfois rigide de l’école. Cela peut les aider à améliorer leur estime de soi.

Si l’enfant est particulièrement timide, il faut s’adapter à sa personnalité. Le camp pourra lui être utile s’il y trouve un intérêt et il pourra même y gagner un peu de confiance. Par contre, mieux vaut ne pas le forcer, car un séjour de cette nature peut être un trop grand saut. Quant aux enfantsdifficiles ou agités, des études ont montré que le contact avec la nature peut contribuer à les apaiser grâce, notam­ment, au changement de rythme de vie et aux grands espaces naturels.

Conseils avant le départ

  • Choisir et visiter le camp avec l’enfant
  • Se rassurer en tant que parent : vérifier la certification du camp et le respect des normes de sécurité. L’angoisse des parents déteindra sur l’enfant s’il sent qu’ils appréhendent le départ.
  • Préparer le toutou préféré de l’enfant, mettre dans ses bagages des photos de la famille, des lettres préaffranchies, un appareil photo qui lui permettra ensuite de partager son expérience avec ses parents
  • En cas de panique quelques jours avant le départ, il faut rassurer l’enfant, l’encourager à essayer quelques jours, tout en lui disant qu’il pourra revenir après un ou deux dodos si ça ne va pas. Le choix permet de lui donner une impression de contrôle et de le rassurer.