Le mariage royal, un coup de pouce pour l'économie britannique?
Le mariage de Kate et William va attirer des millions de touristes à Londres. Les ventes du drapeau britannique, l’Union Jack, vont bondir, mais le coût de l’organisation de cet énorme événement va-t-il annuler ce profit? Métro a posé la question à un expert en finance de la City, Simon English, du London Evening Standard.
analyse. Le mariage royal va-t-il stimuler l’économie britannique? Pour Kate Middleton, le profit est certain, mais pour le commun des mortels – qui ne devient pas membre de l’une des familles les plus riches du monde –, les bénéfices financiers de ce grand jour sont moins nets.
Alors que la plupart des firmes britanniques ont fait du 29 avril un jour chômé, certaines entreprises – pubs, magasins où l’on vend des drapeaux, fabricants de crème solaire – espèrent tirer de gros bénéfices des noces royales. Selon des experts de la City, il ne s’agit toutefois que d’un déplacement de la consommation aux dépens d’autres firmes.
En fait, l’opinion semble partagée en deux. Le mariage est vu soit comme un jour férié qui va remettre sur pied l’industrie des drapeaux (laquelle en a grandement besoin), soit comme la perte d’un jour de production qui pénalise le PIB britannique.
À l’extrême, les organisations qui voient dans tout événement non productif –une balade dans un parc ou une bonne nuit de sommeil – un coût pour la croissance, ce mariage est la dernière chose dont le Royaume-Uni a besoin!
Grâce à ce congé férié, les Britanniques profiteront de deux week-ends allongés de suite. Voilà, disent les grincheux, une période pendant laquelle les gens, au lieu de construire des ponts ou d’inventer le prochain Google, gaspillent leur temps à s’asseoir dans un jardin ou à parler à leurs enfants. «Le mois d’avril est bousillé», se plaint un directeur d’entreprise. CBI, un lobby des entrepreneurs, est l’organisme qui récrimine avec le plus de véhémence l’événement. Il ne s’attaque pas directement au mariage royal, mais note que les jours fériés coûtent près de 9,5 M$ à l’économie britannique par an. Le TUC, un syndicat de travailleurs, a fait une étude et chiffre plutôt ce coût à 1,5 M$. Et il en déduit qu’il pourrait donc y en avoir plus…
Du côté des optimistes, on trouve David Builk, de City Brokers BGC Partners. Il croit que les gens desserreront les cordons de leur bourse pour fêter les vÅ“ux de Kate et William, et que cela pourrait avoir un effet d’entraînement cet été. «Alors que nous sommes en pleine période d’austérité, quelle meilleure excuse pourrions-nous avoir pour dépenser de l’argent que nous n’avons pas que le mariage royal? Je suis sûr que l’occasion est trop belle, même si la réalité brute est que nous avons moins de revenus disponibles qu’avant. Les touristes vont affluer massivement d’Europe et du Royaume-Uni. Les hôtels afficheront complet et les restaurants seront bondés», dit Builk.
Le poids du tourisme pourrait donc être très important. VisitBritain croit que des revenus de 1,4 G$ pourrait être générés. Une partie viendrait des touristes étrangers et une autre des Britanniques qui vont dépenser leur argent à Londres plutôt qu’ailleurs au Royaume-Uni. Bon pour la capitale, mais mauvais pour Leicester…
Le British Retail Consortium (BRC) explique, lui, que les dépenses supplémentaires engendrées par l’événement ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan comparé aux 450 G$ dépensés annuellement en magasinage. «C’est une petit bonne nouvelle», explique Richard Dodd, du BRC.
Autre sceptique, Mark Brumby, de Langton Capital, une firme de conseil de l’industrie touristique. «En général, les événements comme la Coupe du monde de soccer ou un mariage royal stimulent les ventes, ce qui est bienvenu. Mais rien à voir, par exemple, avec une période prolongée de beau temps. L’effet peut même être une illusion. Les pubs et les restaurants font face à un nouveau congé férié. Ils ont le choix entre payer leurs salariés au taux double s’ils ouvrent ou payer les salaires en restant fermés», explique M. Brumby.
Les vrais bénéficiaires du mariage princier semblent être les agences de voyages, comme Thomas Cook. Les chiffres ne sont pas encore officiels, mais tout indique que les réservations ont bondi, les gens utilisant leurs congés supplémentaires pour aller à l’étranger! Si vous pensiez acheter des actions de ces compagnies pour bénéficier de leurs profits à la hausse, il est sans doute trop tard…