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18:57 25 septembre 2020 | mise à jour le: 29 septembre 2020 à 00:12 temps de lecture: 4 minutes

Les exigences du vote par correspondance plus compliquées dans certains États

Les exigences du vote par correspondance plus compliquées dans certains États
Photo: Gerry Broome/AP PhotoDes travailleurs préparent des bulletins de vote par correspondance en Caroline du Nord.

RALEIGH, N.C. — Alors que la pandémie entraîne une hausse du nombre de votes par correspondance aux États-Unis, les électeurs de certains États pivots, notamment la Caroline du Nord et le Wisconsin, sont confrontés à une exigence supplémentaire: l’obligation de faire signer leur enveloppe de vote par un témoin.

Selon une analyse des données électorales par État menée par l’Associated Press, l’absence de signature ou d’autres informations sur les témoins est devenue la principale cause du rejet des bulletins de vote avant leur décompte en Caroline du Nord, et ces problèmes touchent de façon disproportionnée les électeurs noirs.

Bien qu’il existe un processus pour corriger les omissions, les défenseurs du droit de vote estiment que ces chiffres constituent un signal d’alerte indiquant que cette étape supplémentaire pourrait devenir une barrière susceptible de priver les électeurs de leur droit de vote — et une source potentielle de contestations judiciaires dans une éventuelle course serrée.

«Les gens sont confus face à cette exigence de témoin», a indiqué Barbara Beckert, une militante des droits des personnes handicapées au Wisconsin, qui a participé à une poursuite contre cette disposition, sans succès. «Le vote à distance est compliqué. Pour bien faire les choses, on doit suivre de nombreuses règles très spécifiques.»

Les premières indications montrent que les électeurs ont du mal à se conformer à ces règles. En Caroline du Nord, plus de 200 000 bulletins de vote ont été reçus et traités depuis le début du vote anticipé il y a près de trois semaines. Au moins 1700 bulletins n’ont pas pu être traités jusqu’à maintenant parce qu’ils ne comprenaient pas le nom, la signature ou l’adresse d’un témoin. Ce nombre représentait près de la moitié de tous les bulletins de vote qui n’avaient pas pu être acceptés en date de mardi, selon les données de la commission électorale de l’État.

De ces 1700 bulletins, 43 % provenaient d’électeurs noirs, indiquent les données électorales de l’État. Pourtant, les électeurs noirs n’ont déposé que 16 % environ de tous les bulletins de vote transmis à ce jour.

Un manque d’expérience?

Pat Gannon, un porte-parole de la commission électorale de l’État, a attribué ces erreurs à un manque d’expérience. La Caroline du Nord est l’un des nombreux États où relativement peu d’électeurs ont voté par correspondance lors des élections précédentes.

«Plusieurs de ces électeurs votent par correspondance pour la première fois et peuvent ne pas comprendre pleinement les exigences de la loi», a affirmé M. Gannon.

L’exigence d’avoir un témoin pour voter par correspondance est relativement rare aux États-Unis. Avant la pandémie, 12 États exigeaient que les électeurs aient la signature d’un notaire ou d’un témoin avec leur bulletin de vote. Cependant, face au contexte sanitaire, plusieurs ont modifié leurs lois pour faciliter le vote à distance. Seuls huit États exigent toujours la signature d’un témoin.

Les partisans de l’exigence disent qu’elle est conçue pour empêcher la fraude électorale. Mais les groupes de défense du droit de vote estiment que ces règles compliquent inutilement le processus pour les personnes âgées, les personnes vivant seules et les personnes handicapées ou ayant des problèmes de santé chroniques. Des actions en justice ont été intentées dans plusieurs États pour contester ces règles là où elles sont en vigueur.

Dans le Wisconsin, un juge fédéral a confirmé cette semaine le maintien de cette exigence. Mais en Caroline du Sud, un juge a annulé l’obligation d’obtenir la signature d’un témoin de l’État, estimant que cela ne ferait qu’«augmenter le risque de contracter la COVID-19» pour les populations vulnérables. Cette décision a toutefois été infirmée jeudi par la Cour d’appel fédérale, du moins temporairement.

Gary D. Robertson et Scott Bauer, The Associated Press




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