Les hipsters et la mode de masse
Bon, il faut bien que je me rende à l’évidence, je ne suis pas une hipster! Je me suis bien acheté des imitations de vieilles lunettes Ray Ban – pas le style aviateur, mais plutôt le style Vuarnet -, mais je ne m’assume pas vraiment quand je les mets!
Je porte des skinny jeans, mais pas des leggins avec des souliers au look années 50. Je n’ai toujours pas changé mes lunettes de vue pour un modèle surdimensionné, et je n’ai pas ressorti des boulamites un vieux sac à main de ma grand-mère. J’ai bien quelques morceaux de chez H&M inspirés de la mode hipster, mais je n’ai jamais acheté un T-shirt trop grand au col en V chez Urban Outfitters.
À Montréal, et pas que chez les anglophones, la mode hipster a pris beaucoup d’importance ces dernières années. Je me suis donc demandé pourquoi je n’avais pas succombé moi aussi.
En lisant un article conseillé par ma coloc, j’ai trouvé quelques pistes. Dans son édition de juillet 2008, le magazine Adbusters publiait un texte très intéressant sur le phénomène, Hipsters: The Dead End of Western Civilisation. L’article n’est pas récent, mais il est toujours d’actualité.
L’auteur, Douglas Haddow, parle du temps où les hipsters faisaient partie de la contre-culture et qu’ils revendiquaient leur différence au même titre que les punks ou même les adeptes du hip-hop à l’époque.
Avant, les hipsters étaient des jeunes gens dans la vingtaine, qui s’opposaient à la culture et à la mode de masse, et qui étaient intéressés par la musique alternative, la musique indie et les films indépendants.
Aujourd’hui, l’individualité des hipsters a complètement disparu et est totalement intégrée à la culture de masse. Les jeunes s’habillent tous de la même manière sans vraiment se demander s’ils aiment ça ou non, et sans savoir qu’en achetant un vêtement dans une friperie, il pose un geste… Même les vedettes hollywoodiennes ont adopté le look hipsters.
Maintenant que les hipster sont rendus trop cool, leur mode va-t-elle mourir de sa belle mort?