Environnement et économie!
(Notre chroniqueur est présentement à Poznan, en Pologne, où a lieu une conférence sur les changements climatiques.)
Ayant à choisir entre l’économie et l’environnement, le ministre de L’ENVIRONNEMENT du Canada, Jim Prentice, choisit l’économie comme il l’a déclaré la semaine dernière lors d’une série de conférences dans l’Ouest canadien.
Pourtant, il existe une autre voie. Les chiffres qui circulent à la Conférence des parties du protocole de Kyoto sont de cet ordre : par année, 50 G$ pour l’adaptation aux changements climatiques, 100 G$ pour les technologies propres et 20 G$ pour freiner le déboisement dans les pays en voie de développement (Brésil, Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Afrique equatoriale).
C’est beaucoup d’argent, mais si on considère les quelque 80 G$ allongés par les gouvernements britannique et français, et surtout les 800 G$ que les analystes attribuent au président désigné Barack Obama afin de relancer l’économie, ça se défend. À peu près tout le monde convient que les sommes injectées dans les nouvelles énergies et les infrastructures vertes vont directement contribuer à créer des millions de nouveaux emplois.
L’opinion publique est au rendez-vous : un très récent sondage mené aux États-Unis donne les résultats suivants : entre 72 % et 84 % des répondants sont d’avis qu’il faut rompre avec la dépendance au pétrole et s’orienter résolument vers les énergies renouvelables ainsi que vers l’efficacité énergétique; 77 % estiment que leur pays est capable de développer des énergies alternatives!
Ici, une étude publiée par le Pembina Institute et la Fondation David Suzuki conclut ce qui suit : pourvu que la lutte contre les changements climatiques soit entreprise sérieusement, en 2020, les Canadiens économiseront plus de 5,5 G$ chaque année en essence grâce à l’efficacité accrue des véhicules, une meilleure offre de transports en commun et une diminution des distances parcourues. L’économie canadienne pourra croître de près de 20 % au cours de la prochaine décennie pendant que le pays réduira ses émissions de gaz à effet de serre de 25 % par rapport à leur niveau de 1990. Le Canada continuera de jouir d’une solide croissance nette de l’emploi.
Il ne nous reste plus qu’à faire comprendre cela à Stephen Harper.