Désobéissante à 71 ans

Lundi dernier, Lucia, 71 ans, a pris part à la manifestation contre les sables bitumineux qui se déroulait à Ottawa. En dépit de ses ennuis de santé, elle avait décidé de participer activement à cette opération de désobéissance civile.

Elle a donc franchi la clôture qui lui interdisait d’aller plus près du parlement; au-delà de la clôture, elle a été «accueillie» par des policiers. En tout, ce sont 212 personnes qui ont franchi la clôture; de ce nombre, 117 ont eu des accusations portées contre elles. AUCUNE n’a été emprisonnée!

Un peu partout au Canada, les médias ont rapporté l’événement : première page du Globe and Mail (deuxième quotidien du pays), couverture généreuse sur le réseau CTV, Radio-Canada, dans Le Devoir, etc.

Lucia n’a rien d’une «agitatrice professionnelle». À 71 ans, c’était la deuxième fois qu’elle défiait les forces de l’ordre. «Sa première fois», c’était il y a 30 ans. Elle s’était alors immobilisée devant un bulldozer pour empêcher une construction près de sa coopérative d’habitation.

Il n’y a donc eu AUCUNE violence lors de l’opération d’Ottawa. Cette absence de casse est largement due à ceci : avant la manifestation, les organisateurs ont rencontré les forces policières à deux reprises. Ils leur ont expliqué exactement ce qu’ils entendaient faire. En plus, tous ceux qui avaient pris la décision de se faire arrêter ont eu droit à une séance de formation d’une journée.

Selon Lucia, c’est là un volet fondamental de la désobéissance civile. Cette dernière ne vise pas à provoquer de la casse; elle vise à promouvoir une cause; le moyen, c’est de défier les autorités tout en protégeant au maximum ceux et celles qui s’engagent dans l’action.

Comme je l’ai écrit dans cette page il y a deux semaines, l’industrie des sables bitumineux craint comme la peste les manifestations comme celle de lundi dernier à Ottawa. Elle sait qu’elle ne peut aller de l’avant sans gagner la bataille de l’opinion. L’opération de désobéissance civile de lundi dernier a contribué à mettre un nouvel obstacle sur le chemin du pétrole le plus sale au monde.

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