Un sérieux problème
«Le problème le plus sérieux et le plus complexe auquel l’humanité ait jamais été confrontée.» Ce sont les mots qu’a choisis le multimilliardaire états-unien Ted Turner pour parler des changements climatiques. Ted Turner, vous le savez, est le fondateur de la fameuse chaîne télé d’information continue CNN, créée dans les années 1980. Turner a prononcé ces mots il y a quelques jours à peine, à l’occasion d’une tournée dans le cercle arctique, où les bouleversements dus au réchauffement climatique se produisent plus vite que partout ailleurs sur la planète.
L’intervention de Turner survient peu de temps après qu’on a eu vent d’une étude scientifique à paraître sous peu dans la revue Climatic Change Letters. Selon les auteurs, si les concentrations de GES dans l’atmosphère continuent à augmenter, les tropiques et la majeure partie de l’hémisphère nord risquent de connaître, de façon systématique, des étés caniculaires dans les 20 à 60 ans à venir. Noah Diffenbaugh, auteur principal de cette étude menée par l’Université américaine de Stanford, a dit ce qui suit : «D’après nos projections, de grandes régions du globe vont probablement se réchauffer tellement vite que, d’ici le milieu de ce siècle, même les étés les plus frais seront plus chauds que les étés les plus chauds jamais enregistrés au cours des 50 dernières années.»
Il se peut que, comme d’autres, ces scientifiques se trompent. Toutefois, il me semble que les sonnettes d’alarme sont trop nombreuses pour qu’on les ignore totalement. Comme l’a constaté Ted Turner, dans le Grand Nord, «ça fond en grand». L’année 2010 a vu les émissions mondiales de GES croître de 5 %, la plus forte progression jamais enregistrée! Le niveau des océans monte de 3 centimètres par décennie, une progression qui est plus du double de celle enregistrée au cours du XXe siècle.
Je ne veux pas être un prophète de malheur et je m’applique systématiquement, comme je l’ai fait dans ma chronique de la semaine dernière, à proposer des solutions. Mais, comme on dit, il n’y a rien de mal à «se mettre les yeux en face des trous» de temps en temps.
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