Uncategorized

Aréna Chaumont: nouveau système de réfrigération à l'ammoniac

Le système de réfrigération de la glace de l’aréna Chaumont va bientôt être changé. Le gaz utilisé jusqu’à maintenant n’est pas écologique et il appauvrit la couche d’ozone. À la place, c’est l’ammoniac qui a été choisi; un gaz plus environnemental, mais toxique.

À Anjou, le système de réfrigération des arénas fonctionne toujours avec du gaz Fréon, un composant chimique qui appauvrit la couche d’ozone.

En vertu du protocole de Montréal, mais également des lois fédérales et provinciales sur la protection de l’environnement, la Ville doit remplacer l’ensemble des systèmes de réfrigération de ses 40 glaces, d’ici 2020.

Le contrat de l’aréna Chaumont à Anjou vient d’être donné et les travaux doivent débuter d’ici quelques semaines.

Un gaz plus écologique

L’ammoniac a été choisi par la Ville de Montréal, car il permet de maximiser l’économie d’énergie.

Grâce à ce changement, la facturation devrait être allégée de 19 000 $ en coût énergétique, chaque année.

« La Ville de Montréal a opté pour un gaz réfrigérant naturel, car il est peu polluant, plus écologique et plus efficace que les systèmes généralement utilisés. L’ammoniac a fait ses preuves. Plusieurs installations ont pu être testées et optimisées pour vérifier sa valeur », a fait savoir la Direction des sports de la Ville.

Un fait que confirme Élaine Guénette, conseillère à l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail, secteur des affaires municipales (APSAM).

« Il est vrai que l’ammoniac permet une économie d’énergie sur 20 ans », indique-t-elle.

Des risques pour la santé?

Ce gaz naturel est plus écologique, mais il est aussi plus toxique.

« L’ammoniac est un irritant très puissant, explique Luc Lefebvre, toxicologue, coordinateur des mesures d’urgences environnementales à l’Agence de santé publique de Montréal. Il provoque des irritations cutanées. C’est un gaz acide et il attaque les yeux, le nez, la gorge et les voies respiratoires. Il peut être mortel à un taux très élevé. »

Impossible de savoir pour le moment la quantité exacte d’ammoniac qui sera entreposé à l’aréna Chaumont, mais elle devrait s’établir autour des 100 kilos.

Une quantité « considérée à faible risque pour les autorités de la santé publique », indique la direction des sports de la Ville.

Un point que M. Lefebvre, de l’Agence de santé confirme.

« Nous avons travaillé avec la Ville depuis le début. Nos préoccupations ont été prises en compte. Les ingénieurs de la Ville ont fait un travail exemplaire pour mettre au point des systèmes sécuritaires. Alors même s’il y avait une fuite totale d’ammoniac, cela n’aurait de conséquences pour personne, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte. »

Suivi de chantier rigoureux

Pour réduire les risques, plusieurs organismes ont émis des recommandations.

« Nous disons aux différentes municipalités d’exiger pour chaque ouvrage, une étude de danger qui évaluerait le risque à court terme, mais aussi à long terme. Il faut prendre en compte le développement aux alentours et regarder si des hôpitaux, des écoles ou des maisons pour personnes âgées seront construits à proximité dans les années à venir », explique Mme Guénette.

Cette recommandation est la première soumise par CanmetÉnergie, du ministère des Ressources naturelles du Canada.

Mais Montréal ne semble pas l’avoir suivie. Toutefois, la direction des sports précise que « pour chacun des projets de mise aux normes, des professionnels sont mandatés à identifier les enjeux particuliers de chaque aréna. Advenant une problématique particulière, des mesures supplémentaires sont prises. »

La direction des sports ajoute que « l’ammoniac est confiné dans un local isolé et étanche et que le gaz ne circule pas en dehors de cette pièce. »

Différents systèmes sont aussi installés pour prévenir toute intrusion dans le local, pour minimiser les risques en cas de fuite.

Chaque semaine, une vérification du système est faite.

Un Plan particulier d’intervention est aussi mis en place. Le Service incendie de Montréal précise qu’il dispose d’une « équipe spécialisée capable d’intervenir sur tous les types d’incidents impliquant une fuite d’ammoniac.»

L’aréna Chaumont devrait être fermé pendant sept mois, de février à août 2015, pour les travaux.

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *