Éducation, Acte 2
À vos pupitres, la classe continue. La semaine dernière, j’ai commencé un texte sur l’éducation que je n’ai pas terminé. J’en avais trop à dire, et mes 400 mots n’étaient pas suffisants. Alors voici la suite, et la fin.
… pour aller de l’avant. Fin.
Je me trouve bien drôle. Bon, un peu de sérieux. Je change de rôle. Je passe d’enseignant à élève. De toute façon, côté expérience, j’en ai plus en tant qu’élève qu’en tant qu’enseignant. Justement, c’est l’élève en moi qui va parler. Pas l’humoriste, pas le «wannabe» expert en tout et en rien. L’élève, l’étudiant. J’ai mes bermudas, ma pomme et mon chapeau avec une hélice. Je lève la main.
Est-ce qu’on peut m’expliquer pourquoi l’attribution des cours se fait selon l’expérience et non la qualité des profs? Combien de jeunes enseignants motivés, passionnés j’ai eus en FPS? En économie familiale? Des enseignants formés en mathématiques, en histoire, en français obligés d’enseigner des matières secondaires, pendant que de vieux profs blasés avaient les meilleurs cours avec les meilleurs élèves?
On l’a tous eu. Le vieux prof blasé. Qui entrait en classe d’un pas lourd, la mine basse, de la craie partout sur le chandail, avec la joie de vivre d’un emo. Il te reste cinq ans avant la retraite? T’as encore le goût d’enseigner? T’es encore motivé? T’aimes les étudiants? Parfait. Continue. T’es blasé, amer, t’attends juste ta pension? Donne les maths au jeune qui a de l’ambition, pis toi va en économie familiale coudre des étuis à crayons. Quand la matière est l’humain, fuck le syndicat. L’ancienneté dans l’usine, la qualité dans l’école.
Pour avoir le choix des meilleurs enseignants, faudrait d’abord avoir des enseignants tout court. On se plaint qu’il manque d’enseignants, mais honnêtement, est-ce qu’on a donné le goût aux gens de devenir profs? Une profession ridiculisée avec des salaires ridicules. Ça donne ce que ça donne. Oubliez la qualité, oubliez même les qualifications. «Tu respires? Tu peux tenir une craie? Go! Voilà le livre, voici tes étudiants.» Voici notre avenir.
Il est temps qu’on bouge, les amis. J’ai une idée! Mettre un code-barre sur les élèves. Aucune compagnie ne laisserait son produit à la dérive si longtemps, et si ça se produisait, au moment où on deviendrait conscients du problème, les changements seraient drastiques. En affaires, le temps, c’est de l’argent! En bureaucratie aussi, le problème, c’est que plus tu le prends, plus t’en as.