Dubaï, ville contradictoire
J’écris de Dubaï. La ville la plus luxueuse au monde. Plus que le Quartier Dix30! Oui, oui, ça se peut! Qu’est-ce que je fais là? Je voulais un bateau de 75 pi en diamants. Non. Des vacances en famille. Idée de la belle-sour. En bon curieux de notre belle espèce humaine, je voulais aller voir la ville aux contradictions aussi nombreuses que des fans du Canadien déçus.
De quelles contradictions je parle? En partant, géographiquement, c’est un paradis terrestre entouré de zones d’extrême pauvreté et de guerres. Pas de taxes. Pas d’impôt. 33 cennes le litre d’essence. 25 oC en hiver. Pas une voiture qui a plus de trois ans. Même les pauvres sont riches. Mais tu roules quelques heures dans ta BMW et tu risques de finir à CNN avec une machette sur la gorge. Bah! Au moins, t’avais l’air climatisé en chemin.
Autre contradiction. Dubaï est une ville très religieuse. On voue un énorme respect à Dieu. On le prie, on le chante, on le louange, on s’agenouille devant lui, devant sa grâce, sa puissance, sa bonté, sa chevelure revitalisée. Mais, on ne cesse de le défier.
Dubaï est dans le désert, où il n’y a pas d’eau, pas de plantes, d’arbres, de gazon. Fuck it, Dieu! On va installer un système d’eau pure qui passe partout où on a mis de la verdure. C’est grand la Terre, mais pas assez. On va rajouter un ‘tit bout : Palm Island. L’île artificielle la plus grosse construite par l’homme, pouvant même être vue de l’espace. Il fait 25 oC en décembre? Pis ça? On veut faire du ski! On va bâtir une pente de ski intérieure avec de la vraie neige qui tombe du plafond!
Le message est clair : «C’est cool Dieu, on n’a plus besoin de toi, on peut mettre de la terre, de l’eau et de la neige où tu pouvais pas. Bye! Tu vas recevoir nos prières par la poste.» Ça louange Dieu, mais ça se prend pour lui. Rien à voir avec l’émission Dieu merci. Tiens, voilà quelque chose que j’aimerais voir. Dieu à Dieu merci. Genre déguisé en livreur de pizza mexicain : «Dieu merci! Vous êtes là!» «Pizza, senior?» S’cusez, je m’écarte. Je vous quitte, je vais faire du chameau dans le désert, à moins qu’ils aient changé le sable pour de la mousse au chocolat.