Combien il fait?

On joue! Regardez les gens autour de vous. Allez, je laisse un vide, vous n’allez rien manquer. C’est fait? Bon. Vous avez sûrement remarqué les nombreuses différences entre les personnes. L’âge, le sexe, la nationalité, l’emploi, les goûts musicaux. BAISSE LE SON! Ce n’est pas parce que c’est dans des écouteurs, dans tes oreilles, qu’on ne l’entend pas! Scusez, je me suis emporté. Malgré toutes ces différences, il y une chose qui nous unit tous : la météo.

La météo est la chose la plus universelle, rassembleuse sur terre. Après U2, bien sûr. Que tu sois vieux, jeune, pauvre, riche, Québécois, Camerounais, tu veux savoir combien il va faire demain.

La nuance est la raison pour laquelle on veut le savoir. Le Camerounais veut connaître la météo, parce qu’il veut savoir s’il va être inondé ou s’il va encore boire du sable pour déjeuner. Ici, c’est pour savoir si on va mettre notre chemise du Château, ou notre manteau en Gore-Tex.

La météo est aussi LE sujet universel de conversation. Elle dépasse les classes sociales.

Tu mets deux personnes qui n’ont rien en commun dans une pièce. Une qui a deux doctorats et l’autre qui a deux acquis : «Il fait chaud aujourd’hui!» «En maudit!» Qui a dit quoi? Impossible de le savoir. Tout le monde égal! La météo est une des vraies justices, avec la mort et la maladie. Tout le monde va mourir, tout le monde peut être malade, et tout le monde a chaud à 35 oC. Dame Nature for president!

Outre les raisons de survie, vestimentaires ou de conversation, pourquoi cette fixation sur la météo? Peut-être notre phobie de l’avenir. La peur de l’inconnu. La météo, c’est tout ce qu’on peut entrevoir du futur. Demain, on ne sait pas si on va se faire bombarder ou s’il va y avoir des lutins en guimauve partout. Mais si ça arrive, on sait qu’il va faire ensoleillé avec passages nuageux, deux degrés au dessus de la normale saisonnière. Pis ça, ben, c’est réconfortant.

Ce que je trouve de plus réconfortant, c’est que malgré notre soif de contrôle, et de créer le naturel, la météo nous échappe. En laboratoire, on peut forcer un spermatozoïde dans un ovule, mais on ne pourra jamais forcer la pluie de tomber ou le soleil de briller. Puis moi, ça, me sentir impuissant, ça me fait du bien… Tout comme la musique moins forte.

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