Pas de solution magique sans courage politique
Les coûts de la santé au Québec, comme ailleurs dans le monde, sont en hausse. Ils croissent plus rapidement que les revenus de l’État. Cette situation qui ne date pas d’hier a poussé plusieurs gouvernements à commander des rapports afin de trouver la solution magique.
Pourtant, Clair, Ménard et ceux qui sont passés avant eux ont vu leurs propositions concernant le financement se retrouver aux oubliettes. Pourquoi? Les changements à opérer demandaient une dose de courage. Le statu quo semble beaucoup plus confortable à court terme.
À l’annonce de la création de la commission Castonguay, faite en mai dernier par la ministre des Finances, on croyait que le gouvernement Charest allait prendre le taureau par les cornes. Monique Jérôme-Forget avait été claire : «La santé ne peut vampiriser les autres missions de l’État.» Il fallait trouver de nouvelles solutions, quitte à proposer des modifications à la Loi canadienne sur la santé. La porte était grande ouverte, d’autant plus que la ministre avait demandé à Claude Castonguay de diriger les travaux.
Quelques mois plus tard, l’histoire est tout autre. Le rapport est à peine déposé que déjà on le voit trôner sur une tablette, à côté des rapports Clair et Ménard. Les réactions du ministre de la Santé ont laissé peu de place à l’interprétation. La grande corvée annoncée n’aura pas lieu. Les propositions centrales du rapport ont déjà été passées à la moulinette. Ce changement de direction semble imputable au nouveau rapport de forces dans le cabinet Charest. Madame Jérôme-Forget n’a plus la même emprise.
Plusieurs des éléments mis de l’avant par le comité du père de l’assurance maladie figuraient déjà dans le rapport Clair, dont les principales recommandations avaient été reprises par le rapport Ménard. Présenté ainsi, on pourrait croire que c’est une comédie. Quelque 500 000 $ plus tard, la majorité des initiatives mises de l’avant ne verront pas encore le jour.
Si la solution magique existe, elle doit s’appuyer sur le courage politique. La mise en place de parcelles de solutions ne permettra pas d’atteindre les objectifs. Il faut une vision à long terme qui mène à poser des gestes maintenant pour assurer l’accès au système de santé aujourd’hui et demain. Le privé en santé existe. Il nous faut l’encadrer.