Un débat à poursuivre
Le débat sur les accommodements raisonnables n’est pas réglé. Les nombreux échanges observés au cours des derniers jours par médias interposés indiquent que la commission Bouchard-Taylor n’en aura été que la première phase. Relancé à partir de la France à propos de la burqa, ce débat nous rappelle que la société québécoise est toujours en quête d’un modèle de vivre ensemble. Plus facile à dire qu’à faire, semble-t-il.
On peut d’abord blâmer l’inaction du gouvernement Charest. Bien peu de choses concrètes ont été mises de l’avant pour donner suite au rapport de la commission Bouchard-Taylor. On peut aussi regarder du côté de notre capacité de nous adapter au changement démographique que connaît le Québec. En effet, on ne peut demander aux nouveaux arrivés d’être complètement intégrés en seulement 24 heures.
Il faut remettre les choses en perspective. Le profil de notre société change à la vitesse grand V. La mobilité des personnes, les besoins des sociétés évoluent. Longtemps, le Québec a assuré sa pérennité avec son seul taux de natalité. Aujourd’hui, il doit faire face à un choc démographique important qui amène de nouveaux défis, dont celui de la main-d’ouvre.
Le type d’immigration change, évolue. Les principales vagues d’immigration au Québec ont permis l’arrivée de gens qui partageaient la même foi que la majorité des Québécois, signe des temps peut-être. Ce dénominateur commun, au-delà de la langue, aura permis aux gens de se reconnaître. Cela n’a pas empêché les conflits. Un temps d’acclimatation a été nécessaire. Les descendants des deuxième et troisième générations sont aujourd’hui des Québécois; ils portent en eux des origines qui ont métissé notre culture et l’ont enrichie.
Aujourd’hui, la réalité est différente. À l’ère des chartes des droits et de la mondialisation, les défis d’intégration sont plus nombreux. S’il faut être reconnaissant envers ceux qui nous choisissent, ces derniers doivent nous choisir en toute connaissance de cause et pour les bonnes raisons. Il s’agit de la responsabilité première de toute société d’accueil. Pour cette raison, le Québec ne peut faire l’économie du débat entourant ses valeurs communes.