Loto.gouv.qc.ca
C’est confirmé, Loto-Québec aura le mandat d’exploiter des jeux en ligne. On ne s’en réjouit pas. Il faut savoir qu’au total l’offre en ligne augmentera. Toutefois, on peut comprendre. Entre des sites de jeux illicites opérés outre-mer et d’autres gérés par la société d’État, le choix est logique. Sans justifier la décision, il faut dire que le Québec n’innove pas en prenant cette direction. La France, la Suède et même cinq autres provinces canadiennes ont déjà prise.
Cela dit, il ne faut pas être naïf. Toute cette opération n’a pas été lancée pour la bonne et simple raison qu’il importe d’encadrer la pratique de l’offre de jeu sur le net pour la rendre «intègre et sécuritaire». C’est aussi une question de gros sous. L’industrie représente 80 M$ au Québec seulement, et plus de 810 M$ au Canada. Le ministre compte récolter pas moins de 50 M$ en trois ans qui viendront garnir les coffres de l’État.
De son côté, la santé publique est justifiée de s’inquiéter. La problématique du jeu compulsif mérite que des questions soient posées. Cinq pour cent des Canadiens jouent régulièrement en ligne, des adultes, mais aussi des jeunes. Loto-Québec affirme qu’elle instaurera les processus nécessaires pour limiter l’accès aux plus de 18 ans. C’est louable, mais trop court. Comme pour le reste, aucun système n’est infaillible. Des méthodes de suivi doivent être mises en place. Le ministre a bien annoncé la création d’un comité d’experts, mais on peut croire que cela ne suffira pas.
Toutefois, il faut faire face à la réalité. Le jeu existe et les joueurs compulsifs peuvent s’y adonner dans le confort de leur foyer sans que personne ne s’en préoccupe. Déjà, plus de 2 000 sites sont en ligne et rapportent des milliards à leurs exploitants.
En décidant d’aller de l’avant avec cette décision, le gouvernement doit comprendre qu’au-delà des dollars, il y a des gens. Si on accepte que Loto-Québec ait une offre de jeux en ligne, on exige qu’elle assume la responsabilité des effets négatifs. De la colonne des revenus, on devra déduire des sommes importantes pour la recherche et l’assistance.
En augmentant l’offre de jeu en ligne, Loto-Québec va à contre-courant de tout ce qui a été fait au cours des dernières années. Cela coïncide avec une diminution des redevances versées au ministre des Finances. Cette initiative fera assurément au moins un heureux : Raymond Bachand.