2010 : année de choix?

L’année de tous les choix. Telle devrait être 2010, si on en croit les économistes chargés d’écrire le rapport Le Québec face à ses défis, commandé par le ministre des Finances, dans le cadre de la consultation pré-budgétaire. Premier de trois rapports, ce document en arrive à un constat inquiétant, mais pas nouveau : le Québec vit au-dessus de ses moyens.

Le panier de services est 26 % plus étoffé que celui de l’Ontario, alors que notre PIB est de 14 % inférieur. Il est vrai que la comparaison avec l’Ontario peut déranger. Cela dit, les chiffres nous indiquent qu’il y a un possible débalancement. Là ne s’arrête pas le bilan. Il faut ajouter que le Québec a une dette de 150 G$, la plus importante au Canada. Une dette n’est pas nécessairement un handicap. C’est vrai. Ce qui fait mal, c’est que la dette du Québec est aux deux tiers mauvaise. Ce qui veut dire que c’est une dette qui a été accumulée pour des dépenses courantes, des dépenses d’épicerie plutôt que des dépenses d’infrastructures.

Certains vous diront que ce n’est pas grave. On peut augmenter les taxes et les impôts, et le tour est joué. Malheureusement, la solution magique ne fonctionne pas dans ce cas-ci. Le niveau de taxation, pour que la province demeure compétitive afin d’attirer les investisseurs et retenir les travailleurs, est déjà à son maximum. Il est l’un des plus importants en Amérique du Nord. Il est évident que si on se compare à l’Europe, il en va tout autrement. On vit en Amérique du Nord. Nos voisins sont le Vermont, l’Ontario et l’État de New York, pas l’Italie, la Norvège ou l’Allemagne. 

Il est vrai que les économistes qui dressent ce portrait sont à peu de chose près de la même école, avec chacun leur couleur et leur nuance. Il n’en demeure pas moins que les faits sont là, noir sur blanc : le Québec n’a pas pour l’instant, les moyens de ses ambitions.

La table est mise pour la discussion tant redoutée par les Québécois. Vous savez, la discussion de famille qu’on reporte toujours à plus tard tant elle est inquiétante. S’asseoir ensemble pour se dire nos quatre vérités, c’est rarement l’exercice le plus agréable. 

On peut voir ce bilan comme alarmiste et fermer les yeux. Ou encore, on peut se lancer dans la discussion et tenter d’agir pour trouver des solutions en phase avec les valeurs québécoises. Il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l’eau du bain. Bien au contraire, plus on retarde la discussion, plus les choix seront difficiles.

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