Plus qu'un coup de plumeau
Les allégations des dernières semaines ont démontré que le système est brisé. Le financement des partis politiques, l’attribution des grands contrats, la collusion dans le secteur de la construction et la présence du crime organisé représentent autant de pièces d’un baril de singes qu’il faut démêler.
Un peu de pouish-pouish par-ci, un coup de plumeau par-là, le gouvernement tente désespérément de faire disparaître les mauvaises odeurs qui ont envahi la période électorale qui vient de se terminer. Ce n’est pas parce que le gouvernement saupoudre des mesures ici et là que la population va retrouver confiance en ses institutions. La participation au dernier scrutin nous laisse croire que le cynisme et le ras-le-bol se sont bel et bien installés. Un petit époussetage ne changera pas la situation. Toutes ces mesures ne sont pas mauvaises en soi. On ne peut pas être contre la vertu. Ce sont toutefois des réponses à la pièce à un problème global. Une commission d’enquête est plus que jamais nécessaire pour avoir le portrait d’ensemble.
L’escouade Marteau, de laquelle le ministre de la Sécurité publique a exclu on ne sait pourquoi le Service de police de la Ville de Montréal, fera des enquêtes. Le ministre des Affaires municipales reverra le processus d’attribution des grands contrats. La présidente du Conseil du trésor fera de la prévention, que dire de plus. Le Directeur général des élections proposera une nouvelle formule pour le financement des partis politiques avec l’aide d’un jury citoyen. Sans compter le maire de Montréal qui y va de ses propres solutions.
Ces différentes annonces démontrent qu’il y a bel et bien des choses à faire. C’est l’ordre dans lequel on les fait qui ne fonctionne pas. Il n’y a pas de plan d’ensemble et surtout, il n’y a pas de diagnostic de la situation. Le gouvernement Charest pense que le journalisme d’enquête des différents médias a mis à jour tout ce qu’il fallait savoir. On ne pourra empêcher la population de croire qu’il y a plus.
C’est le rôle des élus de ramener la confiance. Avec ses mesures éparses, le gouvernement donne un coup de plumeau plutôt que de faire le grand ménage. Ce n’est pas suffisant. Il doit déclencher une véritable commission d’enquête publique.