La valse hésitante

À Ottawa, les jours se suivent et deviennent de plus en plus imprévisibles. Même les plus aguerris ne parviennent plus à dire de quoi sera fait le lendemain. Au début de la semaine, on parlait avec certitude de la tenue d’élections à l’automne. Aujourd’hui, ce scénario est de moins en moins certain. Bref, les psychodrames sont devenus la norme à Ottawa.

L’épée de Damoclès qui se trouve perpétuellement au-dessus de la tête de Stephen Harper ne semble pas le déconcentrer. Cela semble au contraire le stimuler. Il rencontre Barack Obama, discute du Buy American Act, de l’Afghanistan et des vols nolisés de la LNH. Il prépare son intervention au G20 pendant que ses ministres annoncent des intentions de projets de loi. Ces derniers, comme des bouées lancées à la mer, permettent aux partis d’oppositions de s’accrocher. 

La chaise musicale des dernières semainesà propos de qui ferait tomber le gouvernement s’est transformée en qui le sauvera. Les chefs de parti tentent de trouver la cohérence là ou ils le peuvent. Il faut croire que c’est le lot des gouvernements minoritaires.

Les libéraux qui ont voté en faveur du budget voteront contre le projet qui mettra certaines de ses mesures en vigueur. À l’inverse, le NPD et le Bloc, qui avaient voté contre le budget, l’appuieront.

La cohérence de Gilles Duceppe s’explique par le fait qu’il a toujours dit vouloir étudier les choses au cas par cas. L’explication est d’autant plus plausible qu’on ne peut l’accuser d’user de stratégies politiques. Dans les faits, les sondages lui donnent l’avantage au Québec. Il n’a donc rien à craindre d’une élection cet automne.

Aux prises avec des sondages défavorables, la situation est tout autre pour le NPD. Jack Layton s’accroche à la réforme de l’assurance-emploi du mieux qu’il peut. Le fil conducteur de ses demandes est d’autant plus ténu qu’il semble vouloir éviter les élections à tout prix. Pendant ce temps, la frustration est palpable du côté libéral. Denis Coderre multiplie d’ailleurs les grossièretés depuis quelques jours. Ils reviendront à la charge pour faire tomber le gouvernement dans les prochaines semaines.

Au bout du compte, les citoyens qui désiraient voir le parlement fonctionner et les élections être retardées ont de quoi se réjouir. De mesure en mesure, le parlement fonctionne. De valse en valse, cela demeure toutefois de la gestion à la petite semaine.

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