La «crise» des festivals

Le Québec est en déroute. Ce n’est pas à cause de la crise économique, encore moins à cause de celle des isotopes médicaux. Non, c’est le monde des festivals québécois qui s’emballe. L’organisation des FrancoFolies a annoncé unilatéralement que l’événement changerait de date. Depuis, c’est la panique.

Il est vrai que Spectra s’y est très mal pris pour faire les choses. Il aurait été normal d’aviser la direction des autres événements afin de tenter de trouver un compromis viable pour chacun. On a agi avec une vision montréalaise et en ne tenant compte que des grands événements. On peut comprendre le besoin de rentabilité de l’événement. Il est toutefois désolant de voir que tout ce qui semble avoir pesé dans la balance, c’est la cohabitation avec le Festival Juste pour rire.

Dans ce débat, on retrouve les ingrédients d’une bonne polémique à la québécoise. Il y a la rivalité Québec-Montréal, celle des régions et de la métropole. Même les autochtones s’invitent à la fête. Malheureusement, on semble oublier que l’enjeu est ailleurs.

De plus en plus, on doit faire face à une compétition grandissante venant de partout dans le monde. Il n’y a qu’à penser à Toronto, qui investit tant et plus afin de se démarquer à ce niveau. C’est aussi le cas au sud de la frontière et en Europe. On aime dire que le Québec a une longueur d’avance. Il ne faudrait pas la voir fondre pour une chicane de clôture.

La «crise des festivals» a pris des proportions qui dépassent l’entendement. Plutôt que de la panique, il est temps de voir du leadership dans ce dossier. Ces événements culturels ont un dénominateur commun : ils dépendent tous, à des degré divers, du financement public. Interpellé à ce sujet, le gouvernement Charest ne peut se défiler.

La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, peut agir. Si elle ne doit pas imposer de décision, elle doit mobiliser les intervenants et faire en sorte que le Québec ait une vision de complémentarité. Elle a l’occasion de stimuler la collaboration et d’instaurer un dialogue que l’on veut durable.

C’est dans l’adversité qu’on voit les grands. Cette tempête devrait être le moment pour repenser les façons de faire. Pris dans une vision en silo, les festivals pourraient penser à non seulement travailler en complémentarité, mais aussi à se mettre en marché sur des plateformes communes.

Le Québec est une terre de festivals. Chacun pourrait tirer profit d’une nouvelle culture de collaboration… surtout la ministre.

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