Devoirs d'été
L’ Assemblée nationale fait relâche. Cela ne veut pas dire pour autant que les élus soient en vacances. Chaque parti se retire avec des devoirs cet été, et ce, afin de revenir mieux aligné en septembre. Pour le bénéfice des citoyens, ils ont tous du pain sur la planche.
Si elle veut susciter l’enthousiasme dans la population, Pauline Marois doit repenser son approche. On croyait que son arrivée au parlement changerait le ton. Cela n’a pas été le cas. Mois après mois, les sondages montrent qu’elle ne parvient pas à s’imposer. Il est vrai que le rôle de l’opposition est ingrat. Le gouvernement est pourtant loin d’avoir eu une performance sans faille. Il s’est empêtré dans une suite de dossiers comme ceux de la Caisse de dépôt, des FIER, des tests sur le cancer du sein et du règlement avec les fromagers. Cela ne l’a pas empêché de faire un doublé aux récentes élections partielles et de bien se comporter dans les sondages.
Mme Marois avait elle-même fait grimper les attentes dans la circonscription de Rivière-du-Loup. Elle ne doit pas chercher d’excuses. Elle doit trouver des solutions. Le départ de François Legault n’indique en rien qu’elle soit disposée à le faire. La députée de Charlevoix, qui avait promis de moderniser la social-démocratie, doit proposer plus qu’un plan autonomiste aux Québécois.
Du côté de l’ADQ, il n’y aura pas de temps pour les vacances. Ce parti en transition doit lancer sa campagne à la chefferie à la vitesse grand V. Les militants qui ont décidé d’en raccourcir le calendrier se sont eux-mêmes imposé la tâche de faire lever rapidement la course. L’aile parlementaire fait bien son possible. Elle aurait cependant dû jouir du soutien des candidats déclarés pour faire rayonner davantage les positions du parti. Les questionnements de l’été s’annoncent intéressants. L’ADQ devra dire aux électeurs à quoi ressemblera le parti sans Mario Dumont. Le calendrier électoral ne met pas de pression, il n’y a donc pas d’urgence. D’ailleurs, la reconstruction ne pourra s’opérer en 24 heures.
Avant de partir pour son périple estival en Europe, Jean Charest ne peut s’asseoir sur ses lauriers. Si rien ne colle sur son gouvernement, c’est probablement à cause de la faiblesse de ses adversaires et du peu d’écoute de la population. Son équipe devra songer à une vision d’ensemble, à un tout cohérent, sinon le temps fera son ouvre.
Élus de tous les partis, à vos cahiers!