Moins fier de ses FIER
Fier de ses FIER (Fonds d’intervention économique régional), le gouvernement a résisté. Depuis des semaines, l’opposition le talonne sur la gestion du programme. L’apparence de conflits d’intérêts, les partenariats douteux, les critères non respectés sont autant d’allégations qui ont, à juste titre, ébranlé le ministre des Finances et Investissement Québec. Empêtré dans des explications confuses, le gouvernement change maintenant de discours.
Depuis plusieurs semaines, Jean Charest défendait le programme avec énergie. Les critiques auront finalement eu raison. Le gouvernement a cédé. Le vérificateur général fera la lumière sur le passé. On annonce la création d’un comité de sages qui sera chargé de proposer des solutions pour l’avenir. Il était temps.
Il faut se souvenir que le programme FIER a été créé pour pallier le manque de capitaux de risque en région. Il est sans doute vrai qu’il a contribué à créer ou à consolider plus de 7 000 emplois. Le capital initial investi dans le fonds est mixte (public-privé). Il s’élève à 682 M$. Cela étant dit, certaines règles de fonctionnement du programme sont plutôt particulières. Comme le fait que seuls 51 % des sommes investies doivent l’être dans la région du FIER d’origine. En posant des questions à l’Assemblée nationale, l’opposition a mis en lumière des lacunes auxquelles il faut s’attarder.
Ce qui est vrai pour le programme FIER est aussi vrai pour bien des programmes mis en place par une suite de gouvernements. Au Québec, des programmes sont créés sans être remis en question de façon périodique. Pourtant, le temps passe. Le contexte évolue. Les critères qui valaient à l’époque de leur création peuvent ne plus être pertinents quelques années plus tard.
Cela ne veut pas dire qu’il faille faire table rase de tout ce qui existe et réinventer la roue. Toutefois, on pourrait souhaiter que le gouvernement instaure un processus systématique de révision des programmes. On éviterait ainsi la sédimentation. On optimiserait leur fonctionnement et on s’assurait de répondre aux besoins actuels.
Les FIER subiront inévitablement une cure de jeunesse. Sur le plan politique, Jean Charest doit cependant déjà s’ennuyer de celle qui lui servait de paratonnerre, l’ancienne ministre des Finances Monique Jérôme-Forget.