Un déneigeur s’éclipse et soulève la colère de ses clients

Photo: Patrick Deschamps/TC Media

Des nombreux résidents de l’est de Montréal, dont plusieurs du Faubourg Contrecoeur dans Mercier-Est, sont en colère. Une compagnie de déneigement de Repentigny est soudainement disparue dans la brume avec leur argent, quelques jours après avoir encaissé leur dernier chèque.

«Nous devions faire le paiement en deux prélèvements, le premier au mois d’octobre, et le deuxième le 15 janvier dernier, explique Huguette Martin, résidente d’un immeuble à condos sur la rue Eugénie-Tessier, au Bout-de-l’Île. Après avoir encaissé ce deuxième chèque, il n’est plus jamais revenu.»

La compagnie Déneigement Pro neige était basée à Repentigny, mais avait une succursale pour entreposer des équipements à Pointe-aux-Trembles.

«Mon fils est allé à leur succursale à deux reprises au cours de la dernière semaine. Personne n’est là. Même les tracteurs et les camions sont disparus du stationnement», indique Josée Bouchard, cliente de l’entreprise.

Elle signale que plusieurs centaines de personnes faisaient affaire avec le déneigeur en question.

«Je ne connais pas tous ceux qui avaient un contrat avec Pro neige, mais il y a au moins une trentaine de syndicats de copropriétés dans notre quartier qui sont touchés par la fermeture de cette entreprise, indique-t-elle. Il y en a pour au moins 20 000$ juste dans notre rue. Imaginez combien d’argent est en jeu si l’entrepreneur avait d’autres contrats.»

Introuvable
Le propriétaire de la compagnie, Martin Teoli, ainsi que ses employés sont introuvables.

«Nous avons appelé à plusieurs reprises, personne ne décroche le téléphone. Personne n’est à leurs bureaux de Repentigny. Nous aurions aimé au moins être avertis. Au moment d’encaisser ce deuxième chèque, il devait être au courant qu’il était sur le point de faire faillite. C’est inacceptable de jouer ainsi avec l’argent et la confiance des gens», fait valoir Mirca Léger, une autre cliente de Pro neige.

En effet, après des nombreux appels, il a été impossible de communiquer avec le propriétaire de l’entreprise.

Pour le moment, il n’a pas été possible de confirmer que la compagnie en question est en faillite.

Selon le Bureau du surintendant des faillites du Canada, «les informations concernant la compagnie Pro neige ne sont pas encore disponibles.»

Ce n’est toutefois pas la première fois que M. Teoli, placerait l’une de ses compagnies sous la Loi sur la faillite.

Son entreprise de construction Toiture Damar aurait subi le même sort au mois d’août de l’année dernière.

«Nous sommes contents de ne pas avoir fait affaire avec lui pour refaire notre toit. Il est venu à plusieurs reprises dans le quartier pour nous offrir ses services, mais finalement, nous avons fait affaire avec un autre entrepreneur», signale Mme Léger.

La directrice des Résidences Soleil de Pointe-aux-Trembles, Christine Beaudoin, a été probablement l’une des seules personnes à être mise au courant de la possible faillite de Pro neige.

«Notre responsable de l’entretien a appelé le propriétaire de l’entreprise voilà quelques jours. Il nous a mentionné qu’il était sur le point de faire faillite alors nous nous sommes dépêchés à trouver un autre déneigeur», explique la directrice, qui n’a pas voulu donner d’autres détails.

Connu dans le milieu
Johnny Sparagna, propriétaire de l’entreprise Pavages Dancar, signale que M. Teoli était connu dans le milieu des déneigeurs.

«Cette compagnie-là, ne faisait déjà pas un bon travail. Beaucoup de personnes de Pointe-aux-Trembles s’étaient déjà tournés vers nous car nous faisions un bien meilleur travail.»

Il indique qu’il a été informé de la possible faillite de Pro neige car l’un des employés de cette entreprise l’a appelé pour lui demander du travail.

«Je l’ai repris, et il y a en a plein d’autres qui m’ont rappelé par la suite, mais pour cette année, je ne pouvais plus les prendre», indique-t-il.

M. Sparagna ajoute qu’il a également repris plusieurs des clients «abandonnés» de Pro neige.

«J’ai presque doublé ma clientèle à Pointe-aux-Trembles dans les derniers jours. J’ai dû acheter deux autres nouveaux véhicules pour pouvoir répondre à la demande», conclut l’entrepreneur.

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