7 milliards de bouches à nourrir
La Terre devrait accueillir lundi son 7 milliardième habitant. Le Fonds des Nations unies pour la population (FNUPP) a invité chaque pays à désigner son 7 milliardième bébé qui sera célébré. Mais la nouvelle n’est pas que réjouissante, puisque la population grandit à un rythme trop rapide.
Selon le FNUPP, la population mondiale grossit d’environ 78 millions de personnes par année à l’heure actuelle. Et 97 % de cette croissance est le fait des pays en développement. Ce chiffre astronomique évoque pour plusieurs le spectre de l’insécurité alimentaire, de la pénurie d’eau et des désastres écologiques.
«La croissance de la population n’est pas un problème en soi, indique David SatÂterÂthwaite, de l’Institut international de l’environnement et du développement. Le problème réside plutôt dans la surconsommation de cette population. La Terre peut nourrir 7 milliards de personnes, et ce, de façon déÂcente. Mais la planète ne peut subvenir aux besoins de 7 milliards de personnes qui conduisent une voiture ou voyagent par avion. Un Donald Trump est plus nuisible que 50 millions d’habitants des bidonvilles de l’Inde.»
En fait, des études internationales prouvent que le monde peut facilement nourrir sa population grandissante. «Nous pourrions même sans problème nourrir 9 milliards de personnes, indique Johan Rockström, directeur de l’Institut environnemental de Stockholm et professeur à l’Université de cette ville. En augmentant la superficie des champs, on pourrait régler 50 % des problèmes de pénurie alimentaire. Nous devrions aussi cesser de nourrir les animaux avec des aliments de base, comme les grains, et garder toutes ces céréales pour nous.»
Utiliser sa voiture moins souvent, moins voyager par les airs et réduire sa consommation de viande : voilà des actions qui feÂraient grand bien à la planèÂte… et à notre tour de taille! M. Satterthwaite ajoute : «Nous ne pouvons demander aux Indiens et aux Chinois de changer leurs habitudes si nous ne changeons pas d’abord les nôtres.»
Brasser les cartes
La croissance de la population mondiale devrait ralentir autour de l’an 2025. La planète comptera alors 8 milliards d’habitants. Faudra-t-il déplacer des personnes vers des pays où la croissance sera négative?
«Cela pourrait apporter à des immigrants une vie meilleure, avance Geoffrey McNicoll, chercheur pour l’organisation Population Council. Mais aucune vague d’immigraÂtion ne pourra suffiÂr pour soulager les croissances des pays en voie de développement. L’Europe, incluant la Russie, compte 733 millions de personnes. En 2050, sa population devrait être de 690 millions. Combler cette perte de 43 millions soulagerait seulement 2,5 % de la croissance projetée en Asie du Sud et en Afrique.»
En 2050, l’Afrique devrait compter 2 milliards de personnes et l’Asie du Sud, 2,5 milliards.