Le mur de Berlin pour les nuls

La chute du mur de Berlin a eu un impact majeur dans le monde contemporain. Toutefois, cet évènement peut être nébuleux pour les jeunes nés après 1989 et pour les non-Européens. Afin de résumer les tenants et aboutissants de ce moment historique, Métro a concocté un «mur de Berlin pour les nuls» avec Pierre Verluise, auteur du livre 20 ans après la chute du Mur. L’Europe recomposée, qui était récemment à Montréal.

  • L’érection du mur

La construction du mur a commencé en 1961, dans une Allemagne déjà divisée en deux [NDLR : La République fédérale de l’Allemagne (RFA) à l’ouest et la République démocratique de l’Allemagne (RDA) à l’est] depuis la fin de la Seconde Guerre, en 1949.

La RFA était sous un régime communiste, et avant la construction du mur, près de deux millions d’opposants à ce régime ont quitté l’Allemagne de l’Est en passant par Berlin.
La RFA a ainsi perdu une partie de son élite intellectuelle. Le mur de Berlin a donc été construit afin d’arrêter cet exode.

  • La signification du mur

Selon M. Verluise, le mur de Berlin représentait la division non seulement de l’Alle­magne, mais aussi du monde. «Le mur, c’est le symbole de deux pôles qui se faisaient concurrence sur tous les plans : d’un côté l’est et son communisme totalitaire, et de l’autre, l’ouest et son capitalisme démocratique.»

  • Les circonstances qui ont mené à la chute du mur

L’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev à la tête de l’URSS, en 1985, est un événement-clé. Dans le but d’assurer la survie de l’Union soviétique, Gorbatchev initie deux politiques de libéralisation des pays satellites de l’URSS : la Perestroïka (restructuration) et la Glasnost (transparence).
Toutefois, ces politiques ratent quelque peu leur cible et mènent, entre autres, à l’apparition en mai 1989 d’une brèche dans le rideau de fer en Hongrie.

Mais que s’est-il véritablement passé le 9 novembre 1989? «Le gouvernement est-allemand a dit que les voyages vers l’ouest étaient autorisés. La foule s’est donc déplacée vers le mur. Les douaniers, qui normalement avaient pour ordre de tirer, ont cherché à avoir la confirmation qu’ils pouvaient ouvrir. Ils ont, semble-t-il, peiné à trouver des responsables. Ils ont finalement ouvert, entraînant un flot important d’est en ouest», relate M. Verluise.

  • La symbolique de la chute du mur

De l’avis de plusieurs, la chute du mur représente la fin de la division du monde, plus précisément de celle de l’Allemagne. «C’est aussi le symbole de l’échec du communisme», ajoute M. Verluise.

  • La réunification de l’Allemagne

La réunification de l’Alle­magne est un processus complexe qui a duré environ un an. Première étape : établir les frontières. Après plusieurs tergiversations, il a été décidé de respecter les frontières héritées de la Seconde Guerre mondiale.

La place de l’Allemagne au sein de l’OTAN était un autre point important pour sa réunification. En fait, Pierre Verluise explique que l’URSS souhaitait que l’Allemagne se réunifie au prix de son exclusion de l’OTAN, ce à quoi le chancelier Kohl et le président George Bush père se sont opposés.

Le troisième volet de cette réunification est la fusion monétaire. D’après M. Veluise, la décision du chancelier Kohl d’offrir un taux très favorable à l’est a coûté très cher. «La réunification de l’Allemagne est une affaire qui a dépassé de très loin les mille milliards d’euros», affirme-t-il.

  • Les années qui ont suivi la chute du mur

Il y a d’abord eu une certaine euphorie, puisque certaines familles ont été réunies après près de 30 ans de séparation.

Des tensions sont toutefois rapidement apparues. «Les Allemands de l’Est ont découvert que l’autre Allemagne était beaucoup plus riche et arrogante. Après quelque temps, il y a donc eu des incompréhensions», indique M. Verluise. Mais le chercheur tient à relativiser : «Ça n’a pas été une histoire d’amour simple et belle, mais n’a pas été la guerre non plus!»