Vendredi, la planète Mars se lèvera avec la pleine lune

Marc Jobin/Planétarium de Montréal

La planète rouge est de retour! Au cours des prochaines semaines, vous pourrez la voir à l’est en début de soirée. Dès que vous l’apercevrez, vous comprendrez d’où elle tire son surnom : sa teinte rouge orangé la distingue des autres planètes ou étoiles brillantes. Vendredi, à la tombée de la nuit, la planète se lèvera même en tandem avec la pleine lune : la scène sera spectaculaire à l’Å“il nu!

Au télescope, c’est une tout autre histoire, car Mars ne livre pas facilement ses secrets. La planète est de petite taille, et il est extrêmement difficile d’y apercevoir des détails. On peut réussir à observer des planètes comme Jupiter et Saturne plus de six mois par année; Mars, elle, ne passe suffisamment près de la Terre que pendant quelques semaines tous les 26 mois, quand elle se trouve à l’opposé du Soleil dans le ciel.

Les canaux martiens

Il faut un instrument de qualité optique irréprochable, un Å“il exercé et surtout beaucoup de patience pour discerner des détails à la surface de la planète rouge. Les turbulences de l’atmosphère terrestre embrouillent souvent notre vision, au point où certains observateurs d’autrefois ont cru voir des choses qui n’étaient pas vraiment là. La fascination qu’exerce Mars a ainsi mené à quelques dérapages historiques.

Par exemple, l’Américain Percival Lowell a cherché pendant 15 ans à résoudre le mystère des fameux «canaux» de Mars, évoqués pour la première fois en 1877. À l’aide de la grande lunette de son observatoire privé, Lowell a scruté Mars durant des nuits entières, à chacune de ses oppositions, de 1896 à 1909. À force d’observations à la limite de la capacité de ses instruments, Lowell s’était convaincu de l’existence d’un vaste réseau de canaux d’irrigation qui apportaient l’eau des calottes polaires aux cités martiennes assoiffées de l’équateur.

Obsédé par la question, Lowell a contribué au mythe des canaux de Mars dans une série d’ouvrages populaires publiés au début des années 1900 – en dépit du scepticisme de la plupart des astronomes professionnels de l’époque.

L’opposition de Mars
Mars arrive une fois de plus à l’opposition le 29 janvier 2010. Jusqu’à la fin février, voilà l’occasion de l’observer au télescope, car la distance qui nous en sépare est à son plus court. C’est en milieu de nuit, quand la planète rouge passe à son point le plus haut dans le ciel, que les conditions sont les meilleures pour l’observer. Dans de petits instruments, la calotte polaire Nord de Mars apparaîtra comme une tache d’un blanc éclatant en bordure du petit disque orangé de la planète.

À force de patience, votre Å“il finira  par distinguer des marbrures grisâtres, des régions plus sombres du sol martien. Mais n’espérez pas voir de canaux : les multiples missions spatiales envoyées vers la planète rouge depuis 1965 nous ont montré qu’ils n’existent pas!

Pour plus de détails, visitez le site www.museumsnature.ca

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