Les gladiateurs de ruelle

L’image de notre sport national a été malmenée dans les médias au cours des derniers jours. En considérant que l’acteur principal, ayant posé le désormais célèbre geste d’agression délibéré, était notre capitaine national lors du dernier championnat mondial junior, il semble évident que notre hockey est extrêmement malade et que le jour de son agonie arrive à grands pas.

Il ne faut surtout pas être surpris de la présente situation, il faut plutôt se réjouir du fait qu’il n’y ait pas eu à ce jour de décès lié à ce genre de coup. Pourtant, peut-être que la mort serait, elle, assez forte pour motiver les décideurs en place à passer à l’action de manière sérieuse afin de purifier l’environnement dans lequel nos jeunes évoluent.

À mon sens, il est important de comprendre que le cas Cormier n’est pas un problème en lui-même, il représente plutôt le symptôme d’un mal qui est beaucoup plus profond et qui se situe au niveau des valeurs véhiculées dans cette micro-culture du hockey.

Nous savons tous que le sport est une échappatoire à la rue, et le hockey ne fait pas exception à cette règle. Cependant, il ne faut pas se surprendre que nos arénas deviennent le prolongement de la ruelle et de ses lois, lorsque nous laissons des gens totalement dépourvus de sens pédagogique encadrer nos jeunes sur la glace.

L’occasion est belle pour la LHJMQ de décerner une sanction exemplaire et historique afin de donner le nécessaire coup de barre qui servirait à apporter une série de changements majeurs à une formule qui est actuellement périmée à mon sens.

Jusqu’à quand laisserons-nous l’évolution de nos jeunes athlètes entre les mains d’hommes d’affaires pour qui sport rime avec profit? Pour apaiser l’opinion publique, et en considérant que le hockey est une partie intégrante et vitale de notre identité, nous pourrions mettre sur pied une commission portant sur les agressions raisonnables.

Peu importe la décision prise par la ligue, nous pouvons garder espoir, car nous le savons bien, l’arène est faite pour les gladiateurs, et un gladiateur doit se battre jusqu’à ce que mort s’ensuive…

Yannick Guégano, Terrebonne

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