La cour suprême versus Stephen Harper

La cour suprême déclare son incapacité à obliger le gouvernement canadien à demander l’extradition d’Omar Khadr.

Elle reconnaît toutefois que le gouvernement devrait réparer les torts causés à ce dernier en le réclamant.

Ne nous attardons pas à ce que ressent cet individu – bien que le sort d’un enfant-soldat soit triste –, plusieurs l’ont déjà évoqué. Il est d’ailleurs coupable et mérite probablement l’incarcération et une réadaptation surtout afin de protéger la population, guerre oblige. Voyons cela d’un point de vue plus global.

Le gouvernement doit être le seul à juger ses citoyens, comme la plupart des gouvernements du monde le font. Un pays ne doit, en aucun cas, laisser un autre pays juger ses nationaux. Un pays doit pouvoir gérer l’ensemble de sa population, les éléments les plus perturbateurs aussi. Cette situation pourrait laisser croire aux gouvernements du monde que le gouvernement canadien n’a pas les ressources diplomatiques nécessaires à cette fin. Ce précédent devrait être évité, cela ne fait que montrer la faiblesse du gouvernement canadien et sa soumission à un autre gouvernement, américain en l’occurrence. En ajoutant l’élément d’interprétation que certains gouvernements étrangers pourraient adopter quant aux comportements des ressortissants canadiens, ce manque de volonté de la part du gouvernement canadien devient inquiétant. Il ne faut pas qu’un gouvernement abandonne sa souveraineté dans ce domaine à un autre gouvernement et cela, sous aucune considération.

Imaginez, un parent qui en laisserait un autre s’occuper de l’un de ses enfants parce que ce dernier a été turbulent. Ce père a un devoir de partialité envers son enfant, comme le gouvernement l’a envers un de ses citoyens turbulents ou criminels. Le Canada doit juger ses citoyens, et non un autre État comme le prescrit, d’ailleurs, le droit international.

Pierre Desjardins

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