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Sarkozy contre le régime «bling bling»

Si un cigare donne aux pauvres l’illusion de la richesse, pour paraphraser Sacha Guitry, aux fortunés, un bon Havane en offre l’assurance. Mais que dire d’un ministre qui, en 10 mois, en a acheté pour 16 000 $ en refilant la facture à l’État? Jean Charest, en visite à Paris la semaine dernière, a tout simplement répondu : «Il vaut mieux ne pas fumer!»

Christian Blanc, le secrétaire d’État chargé du développement de la région parisienne, devra peut-être apprendre à chiquer, car Nicolas Sarkozy a annoncé quelques mesures visant à freiner le train de vie princier de bon nombre de ses ministres. Fini, par exemple, les chambres d’hôtel dans des palaces étrangers, comme ce fut le cas pour Rama Yade en Afrique du Sud. La chambre de la secrétaire d’État aux Sports était beaucoup plus chère que celles des Bleus, qu’elle avait pourtant appelés «à la décence en temps de crise».

Toujours aux frais de la République, une autre ministre, Fadela Amara, a offert le logis à des membres de sa nombreuse famille, avec vue sur la tour Eiffel et services d’un cuisinier. D’autres ont abusé de coûteux avions privés, tels Alain Joyandet, le secrétaire d’État à la Coopération. Désormais, a assuré Sarkozy, chaque ministre devra payer ses dépenses privées avec ses propres deniers. Il était temps, car 87 % des Français, selon un récent sondage, croient que leurs ministres ne sont pas «respectueux de l’argent de l’État».

On est loin, très loin, du temps où Charles de Gaulle payait lui-même ses timbres et ses factures. Aujourd’hui c’est le régime «bling bling», avec tout le clinquant qui va avec. Difficile donc de croire au régime sec quand le salaire de Sarkozy a grimpé de 170 % depuis son entrée à l’Élysée il y a trois ans. À l’instar de Charest, le président français patauge à 26 % dans les sondages.

Que fait-on au Québec, en France et partout ailleurs dans le monde quand on souffre d’un déficit de confiance? On remanie. Outre-Atlantique, des têtes tomberont en octobre, et il y aura moins de 20 ministres comme c’est le cas actuellement. Nicolas Sarkozy l’a promis. Il est déterminé à séparer le bon grain de l’ivraie et reste droit sur ses hauts talons.

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